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    Réflexions sucrées de Charles Gratton, CREL Lanaudière

    Par Marie-Odile Lebeau | 18 mars 2009

    Voici un texte de Charles Gratton publié dans le bulletin du CREL (Conseil régional de l’environnement de Lanaudière) qui nous interpelle sur la santé des habitats forestiers exploités pour l’extraction d’eau d’érable et offre des pistes de solutions…. Merci à l’auteur pour cette publication autorisée dans nos carnets.

    Empreinte écologique sucrée !

    Soucieux des conséquences de ses choix de consommation, le consom’acteur recherche généralement des produits ayant un impact minimal sur l’environnement et des retombées sociales maximales. Il recherche dans la mesure de ses moyens, des produits réemployés, fait de matières recyclées, locaux, équitables et biologiques.  
     
    L’information sur ces produits est maintenant plus facilement accessible. Il semble cependant que les discussions sur un produit bien de chez nous soient moins communes. Qui a déjà pensé à l’impact écologique de la production de sirop d’érable, activité bien présente dans Lanaudière ? Le temps des sucres arrive à grand pas et il est temps de se pencher sur la question !

    Comme dans toute culture, certaines méthodes utilisées par certains producteurs sont questionnables quant à leurs impacts environnementaux :
    1) la destruction d’habitats sauvages;
    2) l’utilisation de fertilisants de synthèse posant les mêmes enjeux que leur utilisation en agriculture;
    3) la faible biodiversité à l’intérieure de l’érablière causée par les trop nombreux éclaircissements d’arbres, d’arbustes et de plantes herbacées qui ne sont pas des érables ;
    4) l’utilisation de pesticides et de fongicides ;
    5) un trop grand nombres d’entailles relativement à la grosseur de l’arbre ;
    6) une trop grande succion des systèmes avec pompes ;
    7) l’utilisation d’huiles usées pour chauffer les évaporateurs sans système adéquat.

    Des enjeux de santé et de qualité du produit sont également soulevés par l’utilisation de chalumeaux, de sceaux, de barils, de bassins et d’évaporateurs construits avec des matériaux présentant des risques pour la santé (acier galvanisé, soudure de plomb…) ainsi que l’utilisation de certains produits nettoyant.

    Selon Jean-Sébatien Malo, ingénieur forestier chez Ressources Forestières Biotiques, dans le but d’assurer l’aménagement acérico-forestier durable, «le producteur doit agir sur l’ensemble du boisé, au niveau du peuplement forestier, afin de maintenir un couvert forestier sain et bien développé en appliquant périodiquement des coupes de jardinage acérico-forestier ou coupe d’amélioration d’érablière». Entre autres, «il convient de protéger son érablière des insectes et des maladies notamment en préservant la biodiversité des essences compagnes à l’érable et la fertilisation par chaulage (épandage de chaux) peut être envisagée afin de limiter l’effet négatif des précipitations acides. Le respect des saines pratiques d’intervention en milieu forestier (protection des cours d’eau, etc.) demeure toujours dans les préoccupations premières de l’acériculteur écologique». Pour afficher leurs bonnes pratiques, certains acériculteurs se sont tournés vers les appellations contrôlées et certaines érablières sont maintenant certifiées « biologiques ». Pour recevoir cette appellation, la production acéricole doit répondre à de nombreux critères du Conseil des apellations agroalimentaires du Québec (CAAQ) touchant les enjeux environnementaux, les matériaux utilisés et les techniques de nettoyage employées.( voir le site de la Fédération d’agriculture biologique du Québec (FABQ))

    Le nombre d’érablières certifiées biologiques dans Lanaudière était de 4 en 2006, alors qu’on en dénombrait 279 pour l’ensemble du Québec (pour trouver les produits d’érable biologiques dans Lanaudière).

    Ce n’est toutefois pas parce qu’une érablière n’est pas certifiée que l’acériculteur utilise systématiquement des méthodes à proscrire sur le plan environnemental. Tout comme pour l’agriculture maraîchère, le plus important n’est pas la certification en soit, mais bien la confiance que vous accordez au producteur quant à ces méthodes de travail respectueuses du milieu. Bref, lors de votre prochaine visite ou réservation dans une cabane à sucre lanaudoise, n’hésitez pas à vous renseigner. Vous saurez alors quels producteurs encourager. À tout le moins vous sensibiliserez par vos questions les acériculteurs à viser une empreinte écologique légère. Vive les sucres… légers!

    Charles Gratton

    Catégorie: D'ici et dans mon assiette, Traditions, Échos de nos terres et forets
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