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  • « Bonne année 2009 | Accueil | Invitation à participer au Centre du Patrimoine VIVANT de Lanaudière (CPVL), à St-Côme »

    Fêterez vous les rois? … Amours en cage et désirs de lumière

    Par Marie-Odile Lebeau | 7 janvier 2009

    Après le solstice d’hiver la fête des rois marque le triomphe de la lumière sur l’obscurité.

    Cette reine d’aujourd’hui est tracée à partir d’un vrai tournesol double, notre soleil de circonstance, qui a poussé en 2007 à la ferme des Artisans de la terre de Sainte-Marceline. Il surmonte un vrai crane de jeune bovin de race mélangée Highland et Galloway, ayant brouté toute sa courte vie aux Arpents roses, dans l’un des plus beaux pan de prés bucoliques de Sainte-Mélanie. Il est déguisé de billes et ciment coloré et maquillé de quelques coups de crayon!

    L’énorme fleur n’est pas truquée dans son rapport au bon petit veau dégusté durant toute la saison 2006… elle est immense, comme notre désir de lumière!

    Tout autour, ces énormes parentes de la « cerises de terre »* apparaissent aussi dans leur vraie proportion: ce sont en effet des tomatillos ou jaltomate en langue indigène mexicaine, là ou cette obtention horticole s’est développée par sélection paysanne. Leur goût acidulé est exquis et elles portent ce petit emballage naturel d’alkékenge, couronne membraneuse qui favorise la conservation en prévenant blessures et friction… La production est facile. L’allure et la croissance des plants s’apparente à celle de tomates déterminées, en plus étagé et aéré, spectaculaires avec leur taille élevée et leur port pyramidal.

    La vie, celle des jardins et prés sauvages, n’est pas l’affaire de rois et reines… Sauf parfois pour l’occasion d’une fête… Une sauterie s’organise au CRAPO  pour les rois (ancien presbytère de Saint-Jean de Matha, ce samedi, en soirée), en serez-vous?

    Pomme de terre ‘John Russian Blue’ obtenue à la Ferme Rivest-Bourgeois de Rawdon

    Notre reine de l’année de la pomme de terre, cette jolie patate bleue née de sélections millénaires en Amérique du sud, cède le pas à une dimension temporelle encore plus énorme. Les pommes de terres, solanacées comme les tomates, aubergines, piments et amours en cages, incarnaient la sécurité alimentaire et la sélection paysanne. Bien ancrés sur le terrain en 2008, voilà que nous « tombons », sans gravité, dans l’année de l’astronomie avec 2009! Des adeptes de la biodynamie viendront-ils éclairer nos lanternes?

    Lanternes chinoises ou alkékenges, et datura, des solanacées lumineuses… voir aussi http://www.aujardin.info/plantes/physalis_alkekengi.php

    S’il est des rois crapauds dans les contes et des galettes dont le pois et la fève choisissent respectivement leur roi et leur reine (insérés dans de simples gâteaux par chez nous), cette humble meugleuse bleuie rêve de vies meilleures pour nous tous…

    Sèmerons nous bientôt des lanternes chinoises ou autres amours en cages …ou ces physalis particulièrement agréables, volumineux et d’un beau vert à maturité que sont les tomatillos de la photo? C’est déjà le temps d’y penser… se procurer  les semences, faire un semis précoce (février-mars).

    Plusieurs sites de semenciers vous entretiendront davantage sur ces proches parentes de la tomate. Les tomatillos sont à la base de la célèbre salsa verde, très appréciée dans la région du centre du Mexique. Ma recette de sources mexicaines les utilise crus contrairement à la suggestion ci-bas. Je les chéris aussi pour leur capacité à retarder l’oxydation de la GUACAMOLE . La couleur reste alors d’un beau vert, contrairement aux variantes où de la tomate est utilisée…

    http://www.aujardin.info/plantes/physalis_alkekengi.php

    Les fruits des amours en cage sont comestibles à maturité (avant ils peuvent être toxiques). Leur goût plus ou moins sucré et acide, s’approche de celui de la tomate. Attention, toutes les espèces ne sont pas comestibles. Les solanacées comprennent en majorité des plantes aux fruits et autres organes très toxiques. Les plantes domestiquées qui ont été sélectionnées pour la consommation alimentaire ont évolué très différemment de leurs cousines sauvages pour la partie consommées, généralement les fruits. Il faut aussi faire attention au choix des variétés et se fier sur des critères précis pour l’évaluation de la maturité des fruits puisque ceux-ci ne sont comestibles qu’à maturité. Les goûts varient du sucré à l’acide; la couleur varie: vert, jaune, rouge-orangé, selon l’espèce… Toute cette variabilité les apparente encore à la tomate, dont les amateurs d’agrodiversité et d’ethnobotanique sont dorénavant comblés par les fournisseurs de cultivars… Attention, ce ne sont pas toutes les espèces offertes parmi des solanacées aux noms évocateurs de tomates ou amours en cages qui s’utilisent comme aliments ou condiments… (On utilise parfois une supercherie  tablant sur cette toxicité des parentes proches ou lointaines pour empoisonner les ennemis au jardin: datura, brugmansia, douce amère….) Le catalogue en ligne de Semences Solana, un fournisseur de Repentigny, est particulièrement garni de représentantes de solanacées propagées par sélection artisanale…

    Les variétés généralement offertes par les semenciers sont celles-ci:

    _Physalis alkekengii ‘Franchetii’ aux fruits oranges
    - Physalis peruviana, Physalis edulis , est le fameux coqueret du Pérou ou groseille du Cap avec son fruit jaune au centre de la lanterne - originaire d’amérique du sud
    - Physalis philadelphica , est le coqueret à fruit violet ou tomate du Mexique - espèce annuelle - forme un buisson jusqu’à 2 m de hauteur
    - Physalis ixocarpa , le tomatillo est populaire au Mexique, il est à la base de la fameuse sauve verte
    - Physalis oxycarpa est annuelle
    - Physalis heterophylla est originaire d’amérique du nord
    - Physalis pruinosa la cerise de terre est elle populaire au Québec
    - Physalis franchetii le coqueret de Franchet est originaire du Japon, il est très proche de Physalis alkekengii

    Dans la section ‘Parlons cuisine’ de la page consacrée aux physalis sur http://www.supertoinette.com/fiche-cuisine/185/physalis.html, voici des conseils et commentaires:

    Comment choisir les physalis ?
    Le fruit doit être
    bien enveloppé dans sa gaine, non flétri.

    Le physalis se mange d’abord cru; c’est un réel plaisir que d’ouvrir les pétales et de trouver au centre le fruit rond d’une couleur solaire!
    Il est doux, très légèrement acide suivant sa maturité.
    On en fait d’excellents confitures ou gelées, des tartes, des clafoutis,de la mousse…
    Au Mexique, on prépare une sauce verte avec les fruits cuits avec de l’oignon, de l’ail, des piments, de l’huile, du vinaigre et des herbes aromatiques.

    Les physalis peuvent se conserver quelques mois dans un local bien aéré, bien séparés les uns des autres pour laisser passer l’air. Le fruit peut être cueilli au début de sa maturation, le mûrissement se poursuivant. On peut sécher les baies en les coupant en deux pour faciliter le séchage.

    Le CRAPO vous invite à célébrer les Rois lors d’un souper traditionnel le samedi 10 janvier prochain, soir de pleine lune, à 18h30. Côté bouffe, la directrice Lisan Hubert vous prépare une bonne soupe aux légumes, de la tourtière à la saguenéenne, salade de choux et une galette des rois avec fève, des couronnes et tout le tralala! Le roi et la reine jouiront de certains privilèges, dont celui de demander des chansons aux chanteurs et chanteuses présents, qui animeront tour à tour ce souper par des chansons a capella, à répondre ou à écouter. Tous les convives seront invités à en pousser une, s’ils le désirent évidemment! Il est nécessaire de réserver avant vendredi midi au 450.886.1515.

    Désirs de lumière…

    Désirs de lumière

    Pour revenir au désir de lumière qui nous anime, un vieux film brésilien, « Val d’Abraham«  abordait par un autre biais le sujet du désir en faisant un joli clin d’oeil architectural à la traditionnelle véranda, qui a le mérite de se trouver dans le « ni dehors ni dedans« . Dans le film on fait allusion au désir ainsi aiguisé d’aller pénétrer plus loin le mystère de la maison, espace clos réservé derrière cette façade décontractée et indéfinie…

    Dans nos contrées nordiques les vérandas n’incarnent-elles pas plutôt le rêve d’un été et le désir d’échapper à l’encabanement obligatoire de l’hiver?  La vue même de cet appenti protégé qu’est la traditionnelle véranda de moustiquaire nous rappelle le bonheur de sentir de nouveau l’air, le vent, les parfums de nature… dans l’intimité et sans les morsures d’insectes!

    traditionnelle véranda par vous

    Décor bucolique préservé lors de la restauration au Chalet-Serre: rosier alba ‘celestial’, pommier, poirier et kiwi se déploient devant la véranda traditionnelle. À elle seule, conservant les proportions initiales,  elle incarne le souvenir de l’ancien chalet…

    Très bientôt, nos « murs » redeviendont verts et l’arbre à lilas étincellera dans la nature explosive du début de l’été, faisant oublier l’omniprésence des murs anguleux de nos refuges d’hiver. Le bâti reprendra sa juste place, laissant triompher la vie tout autour!

    La capitainerie, abritant son décor de roulotte gitane, semble prête à rouler vers le large. Un lilas reticulata, un phellodendron amurense et un frêne s’intégrent au décor sauvage des abords du lac Pierre, à Saint-Alphonse-Rodriguez.

    Catégorie: D'ici et dans mon assiette, Traditions, Échos de nos terres et forets
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