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Une coalition se forme pour relancer l’abattoir Z. Billette de Saint-Louis-de-Gonzague

Montérégie

Des acteurs socio-économiques et politiques de la région du Suroît ont mis en place une coalition pour relancer les activités de l’abattoir Z. Billette, de Saint-Louis-de-Gonzague, le seul abattoir spécialisé dans la découpe de bouvillons au Québec. L’entreprise a fermé le 2 août dernier pour cause de non-rentabilité. 287 employés ont alors perdu leur travail.

C’est pour sauver ces emplois que la coalition veut relancer le seul abattoir de bouvillons au Québec : sauver des emplois de qualité dans la région du Suroît en Montérégie. Cette démonstration de force qui se déroulait ce matin à Salaberry-de-Valleyfiled est avant tout politique. Il s’agit pour les politiciens locaux de démontrer qu’ils ne sont pas insensibles aux drames provoqués par cette fermeture. Étaient présent à l’issue de la première rencontre de travail, le député de Beauharnois, Serge Deslières, le député de Huntingdon, Albert DeMartin, la députée de Beauharnois-Salaberry, Claude DeBellefeuille, le maire de Salaberry-de-Valleyfield, Denis Lapoint, le préfet de la MRC de Beauharnois-Sallaberry, Yves Daoust et des représentants de la CSN. Tous ont convenu d’un plan d’action afin d’obtenir de tous les intervenants des engagements solides sur cette question. Habituellement, ce genre de coalition ne donne pas grand-chose sinon de la visibilité pour les politiciens. Mais, sait-on jamais, une bonne fois cela pourrait donner quelque chose. Comptez sur nous pour le signaler à ce moment là. Comptez aussi sur nous pour signaler l’inefficacité de cette coalition si ses efforts s’avèrent stérile. «Au moins, nous essayons de sauver les meubles» diront les intervenants. Ils ont tout à fait raison, il vaut mieux essayer que de ne rien faire. Cependant, il ne faut pas créer de faux espoirs. Les statistiques sont implacables. Lorsqu’une entreprise ferme ses portes, il est rare qu’elle ouvre de nouveau par la suite.

Ce qui motive la coalition, c’est la souveraineté et la sécurité alimentaire du Québec. Selon la coalition, l’État doit intervenir, avec ses subsides bien sûr, pour sauver le seul abattoir de bouvillon du Québec. Laurent Lessard, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation recevra sous peu un plan de relance crédible et réaliste de l’entreprise.

Mais, avant tout, les représentants de la coalition doivent rencontrer ce vendredi 7 septembre les propriétaires de l’abattoir pour s’informer des possibilités de relance présentement à l’étude et partager certaines pistes de solution. Dans un deuxième temps, la coalition veut rapidement rencontrer le ministre Lessard et obtenir de lui un engagement ferme pour sauver l’entreprise.

Des démarches sont aussi entreprises auprès de l’Union des producteurs agricoles et de la Fédération des producteurs de bovins du Québec, propriétaire à 80% de l’abattoir. Prochaine rencontre de la coalition le 14 septembre prochain.

Depuis le 2 août, tous les bouvillons élevés au Québec sont abattus aux États-Unis et en Ontario selon le Service d’information de la CSN qui s’occupe des communications de la coalition.

Il est important de préciser qu’il n’y avait pas de conflit de travail dans cet abattoir. C’est une série de facteurs malheureux qui ont placé l’entreprise en faillite : hausse du dollar canadien, réglementation environnementale, compétition avec l’industrie américaine et nouvelles règles au niveau des matières à risques spécifiés. Le rythme d’abattage était de 1000 têtes par semaine. Pour former un bon employé d’abattage de bouvillon, il faut quatre ans.

Le problème est politique. Si on exige des abattoirs de respecter des normes environnementales strictes, il faut fermer la frontière aux produits venants d’abattoirs de l’extérieur qui ne respectent pas les mêmes normes. Sinon, c’est une compétition injuste et non équitable. Les normes environnementales strictes, soit, mais il faut exiger la même chose des abattoirs qui importent chez nous à moindre coûts. Ce n’est pas pour rien qu’ils sont à moindre coût les produits de ces abattoirs américains, ils ne doivent pas respecter les mêmes normes environnementales.

C’est sur ce point que la coalition doit se battre.

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