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Le scandale des aliments contaminés se faufile dans la campagne électorale fédérale

Opinion du citadin/campagne électorle fédérale 2008

Image de campagne de l'ACIA.
Source image :
www.securitealimentaire.ca.

La listériose se faufile dans la campagne électorale fédérale. En effet, l’Alliance de la fonction publique canadienne a lancé la campagne SOS Aliments vendredi matin à Toronto. L’objectif est de demander aux candidats et candidates aux élections fédérales de donner leur adhésion au plan d’action pour la salubrité alimentaire. On profite ici du scandale de l’éclosion de listériose dans une usine de la compagnie Maple Leaf pour rallier la population canadienne à des normes plus strictes et plus d’inspecteurs alimentaires. Est-ce que 1000 inspecteurs de plus, tel que demandé par l’Alliance, auraient empêché cette éclosion?

"L'épidémie de listériose causée par des produits alimentaires contaminés a ébranlé la confiance de la population canadienne dans notre système de protection des aliments. Le système est défaillant et il faut le remettre sur pied", déclare Patty Ducharme, vice-présidente exécutive nationale de l'Alliance de la Fonction publique du Canada dans le communiqué publié par l’Alliance vendredi.

Cette campagne a un site Web : www.securitealimentaire.ca et à partir de ce dernier, les gens pourront envoyer un message pour demander aux candidats et candidates de leur circonscription de donner leur adhésion au plan d’action SOS Aliments. Avant de vous embarquer, lisez bien ce plan pour savoir dans quoi vous vous embarquez. Le plan prévoit quatre mesures pour remettre le système en état :

  1. Créer 1 000 nouveaux postes d'inspecteurs et de vétérinaires afin d'améliorer la réglementation de l'industrie alimentaire.
  2. Imposer immédiatement un moratoire sur les politiques d'autosurveillance de l'industrie.
  3. Éliminer les obstacles qui empêchent les inspectrices, les inspecteurs et les vétérinaires de l'ACIA de prendre des mesures immédiates.
  4. Recommencer la divulgation des rapports de vérification, qui a été interrompue en réaction aux pressions de l'industrie de la viande.

Mme Michèle Demers, présidente de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada, affirme : "nos syndicats lancent cette campagne parce qu'il faut agir dès maintenant et obtenir l'engagement des politiciens au sujet de la salubrité alimentaire avant que d'autres vies ne soient mises en danger."

Selon ce groupe, le gouvernement Harper a, sur une base constante, réduit le financement des programmes de salubrité alimentaire et a pelleté aux entreprises alimentaires les responsabilités liées au contrôle de la qualité et de la salubrité des aliments. En chiffres précis, selon les prévisions du Conseil du Trésor du Canada, le financement des programmes de salubrité alimentaire diminuera de 30%. Il passera de 359 millions de dollars pour 2006-2007 à 254 millions en 2010-2011 sous le régime Harper. Harper a donc prévu sabrer ces programmes. Cela ne fait pas l’affaire des employés du secteur du contrôle des aliments. Le scandale de la listériose (et de la salmonellose au Québec) arrive à point pour questionner l’utilité de ces coupures. Et, en effet, en tant que citoyen préoccupé par la qualité des aliments, la question se pose. Mais j’aimerais juste savoir ce qu’en pensent les candidats dans la course sans passer par un site qui m’associe à des revendications bien précises et syndicales. Il semble y avoir un conflit sous-jacent qu’on effleure assez rapidement dans le communiqué. Voici un peu de quoi il en retourne, selon un document confidentiel du gouvernement révélé par un employé de l’ACIA et congédié depuis, le gouvernement entend :

  • faire moins d'inspections sur place et davantage de surveillance, ce qui permettrait à l'industrie d'adopter des programmes de contrôle de la qualité et de gérer les principaux risques.
  • éliminer la prestation de programmes d'inspection des aliments au Manitoba, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique.

"Il n'y a pas assez d'inspectrices et d'inspecteurs, et ils consacrent trop de temps à examiner les rapports générés par les entreprises elles-mêmes dans un système qui se fie trop à l'industrie pour s'autodiscipliner en matière de salubrité", souligne le président du Syndicat de l'Agriculture, Bob Kingston, lui-même superviseur de l'inspection des aliments en congé de l'ACIA.

Après avoir surfé sur le site, je suis un peu perplexe. L’Alliance veut-elle vraiment notre bien? Y a-t-il péril en la demeure ou parle-t-on ici d’un conflit de travail qui dégénère. Le scandale de la listériose peut servir à bien des revendications. On jour avec les émotions des gens. Juste l’image du petit garçon qui demande à sa maman s’il peut avoir une collation et qui se fait servir des viandes froides et d’un goût un peu douteux. Des consommateurs sont morts, peut-être cet enfant, votre enfant. Assez efficace mais éthiquement discutable.

En effet, je n’arrive pas à être à 100% convaincu que le problème aurait pu être évité même avec l’application des quatre mesures revendiquées ci-haut.

Donc, oui à une meilleure surveillance, oui à certaines revendications, mais pas par l’intermédiaire de l’Alliance de la fonction publique du Canada. Interpellez plutôt vos candidats par vous-même ou via les journaux locaux à ce sujet. Cela sera plus objectif, selon moi.

Reste que si vous préférez la voie facile, le site de l’Alliance de la fonction publique est là pour vous, mais sachez que vous passerez par une voie lobbyiste et non citoyenne. Dans le cadre d’une élection, il me semble que la voie citoyenne est plus pertinente.

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