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Embargo sur la pomme de terre du Québec par les États-Unis

Nématode doré

Suite à l'embargo des américains sur la pomme de terre du Québec à cause de la découverte d'un champ contaminé par le nématode doré en Montérégie, le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, ministre responsable du Centre-du-Québec et député de Richmond, Yvon Vallières, demande à son homologue fédéral de limiter cet embargo imposé par les autorités américaines.

Monsieur Vallières a fait part à son homologue fédéral Chuck Strahl, ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire, de son étonnement devant les mesures prises par les autorités américaines après la découverte de la présence du nématode doré, un parasite de la pomme de terre, dans un champ de la Montérégie. « Je m'attends à ce que le gouvernement fédéral mette tout en œuvre pour convaincre les autorités américaines de réduire la portée des restrictions et fasse en sorte de restreindre le territoire sur lequel elles s'appliquent» a précisé le ministre Yvon Vallières. Ce dernier comprend qu'il faille prendre des mesures de sécurité pour que le problème ne se répande pas, mais il est surpris de l'ampleur des mesures adoptées par les américains. Le fait que les pommes de terre lavées soient incluses dans l'embargo le surprend tout particulièrement. De plus, pourquoi étendre l'embargo à l'ensemble du Québec alors qu'un seul champ de la Montérégie est touché jusqu'à présent.

Mauvaise nouvelle pour les producteurs de pommes de terre du Québec alors que la récolte est commencée. L'embargo américain se fait sur la pomme de terre de semence, de consommation et de transformation en provenance du Québec. Les plantes ornementales avec sol, tout comme le gazon en plaque et les plantes en pot sont aussi touchées. Toutefois, les pommes de terre transformées avant exportation et les autres légumes exempts de sol ne sont pas soumis à cet embargo.

Avant de crier au scandale à propos de l'attitude des américains dans le dossier, relisons ce message de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) du 20 avril dernier (voir ci-dessous). C'est tout aussi restrictif comme mesures. De plus, la superficie du territoire agricole de l'Idaho, touché par ces restrictions, est plus vaste que celle du Québec. Les retombées économiques y étant également importantes pour ce voisin immédiat du Canada.

Dans ce dossier, le Canada reçoit, à tort ou à raison, la monnaie de sa pièce. Si des règles s'appliquent il faut que ce soient les mêmes partout. Le Canada est peut-être à l'origine de l'excès de zèle de nos voisins. Mais sa réaction est conforme aux normes internationales en la matière.

Voir aussi :

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RESTRICTIONS TEMPORAIRES SUR LES POMMES DE TERRE DE L'IDAHO

Ottawa, le 20 avril 2006 – L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) interdit temporairement l'importation de toutes les pommes de terre et du sol de l'Idaho en raison de la détection du nématode à kyste de la pomme de terre (NKPT). Cette interdiction est une mesure provisoire, reposant sur des motifs scientifiques, qui sera revue à mesure que d'autres renseignements scientifiques nous seront communiqués.

L'interdiction temporaire s'applique à toutes les pommes de terre de l'État de l'Idaho (pommes de terre de semence, de consommation et celles destinées à la transformation) et au sol. D'autres voies d'introduction qui pourraient permettre l'introduction de ce ravageur sont aussi examinées. Cette mesure entraîne aussi l'annulation des permis existants d'importation des produits touchés par l'interdiction au Canada. Cela est une approche de la gestion du risque régionalisée qui est conforme aux normes internationales.

Le nématode à kyste ne représente pas de risque pour la santé des personnes, mais il peut nuire considérablement aux cultures de pommes de terre et à d'autres cultures hôtes, comme celles des tomates et des aubergines. Le ravageur infeste les sols où ces hôtes sont cultivés. On sait qu'il peut détruire jusqu'à 80 % des récoltes.

Le nématode à kyste est un ravageur justiciable de quarantaine au Canada et aux États-Unis. Le nom scientifique de l'espèce détectée en Idaho est Globodera pallida, aussi connu sous le nom de nématode à kystes pâles. Au Canada, on trouve cette espèce dans des régions limitées de Terre-Neuve, et des mesures de quarantaine sont en place pour empêcher sa propagation. C'est la première fois que l'on découvre ce ravageur aux États-Unis. On a toutefois déjà détecté un autre ravageur étroitement apparenté, soit le nématode doré (Globodera rostochiensis), dans l'État de New York, Terre-Neuve et sur l'île de Vancouver. Le Canada et les États-Unis ont déjà établi des restrictions sévères de quarantaine à l'égard des produits touchés provenant de ces régions. Des renseignements supplémentaires sur ces deux espèces sont offerts sur le site Web de l'ACIA.

Nous sommes conscients de l'importance de cette découverte pour les États-Unis et leurs partenaires commerciaux, et nous continuerons de collaborer étroitement avec eux dans ce dossier. Une délégation de l'ACIA se rendra en Idaho pour participer à l'examen de la situation et recueillir des renseignements techniques.

Nous continuerons d'informer les intervenants concernés et nos homologues provinciaux de tous les faits nouveaux. Les plus récentes informations seront affichées sur le site Web de l'ACIA à mesure qu'elles nous seront communiquées.

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