Plus les ruraux sont scolarisés, plus ils sont impliqués dans le milieu communautaire
Les ruraux font aussi plus de bénévolat que les urbains
Un article publié dans le Bulletin d'analyse, régions rurales et petites villes du Canada de Statistique Canada relate que les personnes qui vivent dans les régions rurales du Canada étaient plus susceptibles de consacrer du temps au bénévolat que leurs homologues urbains en 2003, peu importe leur niveau de scolarité. L'article révéle aussi que l'association entre l'éducation et le bénévolat était plus forte dans les régions rurales du Canada.
Dans les régions rurales de l'ensemble du pays, 63 % des diplômés universitaires ont indiqué qu'ils avaient fait du bénévolat en 2003, une proportion 2,2 fois plus élevée que celle des personnes sans diplôme d'études secondaires (29 %).
À l'opposé, dans les régions urbaines, 42 % des diplômés universitaires avaient fait du bénévolat, ce qui n'est que 1,8 fois plus élevé que la proportion de 24 % de ceux qui n'avaient pas terminé leurs études secondaires.
L'étude à la base de l'article a fait appel aux données de l'Enquête sociale générale de Statistique Canada pour examiner l'impact d'un milieu de résidence rural ou urbain sur quatre indicateurs de l'engagement communautaire et de la participation sociale, et déterminer comment cette incidence varie selon le niveau de scolarité.
L'étude s'est penchée sur une contradiction apparente. Le niveau de scolarité est relativement plus faible dans les régions rurales, ce qui est presque toujours associé à des niveaux considérablement moindres d'engagement communautaire. Pourtant, les régions rurales n'enregistrent pas des niveaux d'engagement communautaire plus bas que les régions urbaines.
L'étude a permis de révéler deux dynamiques différentes. Les diplômés universitaires étaient plus susceptibles d'être engagés dans la collectivité s'ils vivaient dans une région rurale. Bien qu'il y ait proportionnellement moins de diplômés universitaires dans le Canada rural, ils contribuent davantage à ce qu'on pourrait attendre d'eux s'ils suivaient les comportements du diplômé universitaire «moyen».
Toutefois, il semble également que les personnes sans grade universitaire (mais ayant au moins un diplôme d'études secondaires) font «du rattrapage». Les personnes ayant un diplôme d'études secondaires et un certificat ou un diplôme d'études collégiales étaient plus susceptibles de s'engager civiquement si elles vivaient dans des régions rurales.
Sur le plan de la participation à un organisme, 67 % des résidents des régions les plus rurales du Canada ayant un certificat ou un diplôme d'études collégiales ont dit être membres d'un organisme, comparativement à 55 % de ceux vivant dans des régions urbaines.
Dans les régions rurales voisines d'un centre urbain, près de quatre diplômés universitaires sur cinq étaient membres d'au moins un organisme ou participaient à au moins un organisme. Il s'agit du taux de participation le plus élevé de tous les groupes.
Dans les régions les plus rurales du Canada, 84 % des diplômés universitaires participaient à au moins un type d'activité politique autre que le vote en 2003, ce qui est 2,3 fois plus élevé que la proportion de seulement 37 % des personnes sans diplôme d'études secondaires.
En revanche, 71 % des diplômés universitaires vivant dans les régions urbaines participaient à une activité politique autre que le vote, une proportion 1,9 fois plus élevée que celle des résidents urbains sans diplôme d'études secondaires (37 %).
Les résidents des régions les plus rurales du Canada étaient plus susceptibles d'avoir assisté à une réunion publique, peu importe leur niveau de scolarité. En outre, l'écart entre les résidents des régions rurales et des régions urbaines était semblable à tous les niveaux de scolarité.
Les taux plus élevés de participation à des réunions publiques sont davantage des caractéristiques des régions rurales que des régions urbaines. Les résidents des régions les plus rurales qui n'avaient qu'un diplôme d'études secondaires comme plus haut niveau de scolarité avaient aussi souvent assisté à une réunion publique que leurs homologues des régions urbaines qui avaient un grade universitaire.
Source: «L'influence de la scolarité sur l'engagement communautaire : différences entre les régions rurales et urbaines du Canada», Bulletin d'analyse, régions rurales et petites villes du Canada, vol. 7, no 1

