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Réponse à quelques dissidents de l’organisme «Sauvons nos Cantons»

Opinion

Réponse à quelques dissidents de l’organisme «Sauvons nos Cantons»

Chemin forestier, région d'Abercorn. Photo Ricardo Codina La Vie Rurale

L’exploitation d’un terrain agricole à Abercorn, en Montérégie, sème la controverse. Le projet du fermier Daniel Janulewicz consiste à exporter une partie du sable, située sous la couche arable, afin de niveler le terrain qui sera ainsi propice à la culture de plantes annuelles. Il désire ainsi améliorer son potentiel agricole car il s’agit d’un projet à court terme. En contre partie, le comité «Sauvons nos Cantons» souligne les points en litige suivants : circulation de camions lourds; perte de la quiétude des gens des lieux; hausse du bruit et de la poussière; éventuelle baisse de la valeur des propriétés etc. Le comité assure qu’il continuera à mener une lutte de tous les instants.

Voici la réponse d’une citoyenne voisine des lieux :

Les plaignants ne savent-ils pas comment donner aux jours une réalité vivante qui leur apporterait de la joie et des surprises! Chers plaignants, sachez donc prévenir et déraciner l’obsession du bruit. Obligez-vous à la diversité. Contraignez-vous à des travaux qui appliquent l’esprit à des tâches simples et pratiques. Écrivez, lisez, voyagez. Écoutez les oiseaux du matin. Regardez le lever du soleil. Emplissez vos cœurs du chant immense des plantes et des espèces vivantes et vous ressentirez le mieux-être.

Il faut vous mettre en mouvement, que vous émiettiez par petits coups votre obsession concernant le camion qui passe ainsi que la poussière et le bruit. Essayez de trouver dans votre volonté la force de réagir. Nourrissez votre pensez du monde extérieur. Accrochez-vous à l’actualité. Le monde existe en dehors de vous. Les autres vivent. Voyez-les. Vous n’êtes pas seuls. La collectivité vous entoure.

Cependant, la collectivité ne doit pas se placer au-dessus de l’individu car avec elle, tout doit se plier à la loi du groupe. Une loi décide du sort d’un individu par une somme de règlements rigides. L’homme et ses initiatives deviennent dépendants de la collectivité.

À l’égoïsme du libéralisme s’oppose l’autoritarisme de la collectivité. Mais ni libéralisme, ni collectivisme ne doivent être des absolus.

Il faut se méfier de ceux qui exigent un abandon absolu de nos droits et de nos projets. Il faut établir au contraire des contrôles, des moyens de critiquer le pouvoir absolu (ce qui est absolu est souvent une menace).

Optez plutôt pour l’adhésion qui permet de connaître, de communiquer, de participer, de se mêler aux autres et à la collectivité.

Tout s’oppose dans nos sociétés à la fraternité. Nous vivons isolés les uns des autres. Nous nous ignorons. La fraternité est-elle une utopie?

Pourquoi ne pas choisir l’entente, souhaiter la discussion et le compromis. Mieux vaut la parole échangée que le coup reçu et donné. Vous vous dites défenseurs des Cantons et ce but est noble car la nature par elle-même, par sa seule beauté, par son existence est une indispensable ressource.

Sachez qu’un vrai défenseur voit son prochain de plus haut. Il sait échapper à la mesquinerie et aux explications basses. Il sait comprendre de haut. Quand on est ras du sol, on ne voit que la poussière ou la pierre. Il cesse de s’en tenir aux événements qui encombrent la pensée. Il est capable d’observer et de comprendre sans l’aveuglement que donne le parti pris, l’intolérance et l’acharnement.

On ne devient pas «défenseur» sans effort.

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