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Où est le modèle Toyota adapté pour nos hôpitaux?

Opinion du citadin

Le ministre Yves Bolduc, qui a l’expérience de la gestion d’une salle d’urgence, avait mentionné, lors de son saut en politique active, vouloir appliquer les principes d’efficacité de Toyota pour relever le défi de nos salles d’urgences débordées et inefficaces. Près de deux ans plus tard, force est de constater que le modèle Toyota tarde à être appliqué. De nombreuses salles d’urgences débordent. On dirait presque des hôpitaux militaires attenants à un champ de batailles. Comment en sommes-nous arrivés là, au point où des patients meurent parce qu’abandonnés dans un couloir d’hôpital? J’exagère? Pas du tout. La Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ) rappelait, dans le Journal de Montréal aujourd’hui, le cas d’une dame de 61 ans abandonnée dans un corridor de l’hôpital de Saint-Jérôme et qui est morte faute de soins. Une mort évitable, semble-t-il, et qu’une enquête devrait permettre de mieux comprendre. «Nous sommes formés pour aider les patients, pour les guérir, pour les sauver. Et, au bout du compte, nous sommes incapables de les soulager, parce que les lits d'hôpitaux ne sont pas disponibles, parce que des patients âgés attendent des places dans les CHSLD, parce qu'il y a pénurie de personnel», déplore le président de la FMRQ, Yann Dazé au Journal de Montréal.

La FMRQ compte 3000 membres et son président, Yann Dazé, rappelle que la mort d’un homme dans une salle d’urgences de Shawinigan avait poussé le gouvernement à adopter la loi 114 en 2002. Huit ans plus tard, la situation est redevenue la même malgré le cadre de cette loi. Y a-t-il trop de lois, de restrictions et de conventions pour permettre de bouger et de changer les choses? Le problème n’est-il pas bureaucratique? Ou alors nous n’avons plus les moyens de nos ambitions en matière de santé? Une commission d’enquête est demandée pour mieux comprendre cette situation complexe.

Le ministre Bolduc parvenait bien à gérer une salle d’urgence d’un hôpital de région (au Saguenay-Lac-Saint-Jean), mais peut-être que l’ensemble du réseau et surtout les salles d’urgences des mégas hôpitaux en ville constituent une toute autre réalité.

D’ailleurs, remarquez combien les plus gros centres hospitaliers sont les plus engorgés. Et on s’en va toujours vers du plus gros. C’est à se demander s’il ne faudrait pas prendre le chemin inverse et offrir des services de proximité dans de petites unités d’urgences… En effet, la majorité des urgences médicales ne sont pas du ressort de spécialités rares mais de la cardiologie, de la chirurgie générale et de l’infectiologie.

N’allez pas penser que j’ai une solution viable au bordel ambiant. Si un homme comme Yves Bolduc n’arrive à rien, imaginez le reste de la population. Voilà pourquoi une commission d’enquête sur la question pourrait apporter des éléments de réponse.

Ceci étant dit, il me semble bien que le gros problème, pour avoir récemment bénéficié des services d’urgence pour un membre de ma famille, c’est la paperasse. Pour 5 minutes passées avec un patient, comptez le nombre de temps que le médecin et l’infirmière vont devoir passer en temps pour remplir de la paperasse… C’est tout bonnement hallucinant. Qui lit tout ça? Est-ce pour se protéger en cas de poursuite? Il y a trop de temps consacré à la bureaucratie et pas assez pour les patients. Voilà mon triste constat. Les soins étaient excellents et le personnel courtois et attentionnés, mais ils étaient pris dans un carcan administratif extrêmement lourd, me semblait-il. Ce carcan demande beaucoup de temps, et tout ce beau monde courrait non pas parce qu’il y avait trop de patients, mais parce qu’il y avait trop de formulaires à remplir et de travail de bureau à faire. Des gens très malades mais dont la vie n’était pas en danger, pouvaient, dans ce cadre, attendre des heures avant de rencontrer un médecin. Médecins qui tapaient plus vite que leur ombre devant un ordinateur de service. Sans doute on envoie une demande d’analyse par-ci, un protocole demandé à tel service et que sais-je.

Prenez cette situation et coupez le nombre d’employés pour diverses raisons (burn out, passage au privé et congés bien mérités). Il ne reste plus de temps pour les patients selon moi. C’est mathématique, ne vous demandez pas pourquoi des gens sont oubliés dans les corridors d’urgences.

Le constat est facile à faire, mais les solutions ne sont pas faciles à trouver. La FMRQ, les médecins de demain, sonnent l’alarme et demandent au gouvernement de leur donner un meilleur cadre de travail. Si le cadre de travail n’est pas mieux adapté que ce que l’on trouve aujourd’hui, les métiers de médecins et d’infirmières risquent de perdre de leur lustre. Donnons un commis de bureau à chaque médecin et infirmière si la structure est rendue aussi bureaucratique et laissons le personnel de la santé s’occuper de santé. C’est pour ça qu’ils sont formés non?

C’est pas le modèle Toyota qui s’applique à nos hôpitaux, c’est la maison de fous des Douze travaux d’Astérix.

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