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Les maudits « zartisses » ?

Étant une sorte d’autodidacte, m’étant débrouillé seul, sans aide de l’État, venant d’une chétive époque où l’on ne subventionnait guère — pas du tout le plus souvent — les artistes, oui, je reste tiède face aux actuelles protestations des artistes scandalisés. En passant, dire que la vieille candide Madame Bertrand (autodidacte elle aussi) n’a aucune crédibilité quand elle se porte — très farouchement — à la défense de son propre job ! Cette école privée à la subvention coupée — l’INIS — l’engage comme professeur-en-textes (sic). Une petite gène s.v.p. chère Janette! D’autre part, d’entendre certains loustics fesser avec rage contre les artistes — tous des « pourris-gâtés-le-ventre-plein »— relève quasiment d’un racisme.

Bon, reste que « le milieu » passe aux attaques furibondes contre « Harper et Cie » et on découvre d’étranges visages. Un exemple : un vidéo-clip avec Michel Rivard, sur Internet, montre des jurés — anglos unilingues — qui méprisent les nôtres alors que les coupures harpériennes se font pourtant d’un océan l’autre. Dans une coulisse de studio télé — « Deux filles le matin » à TVA — j’ai osé aborder « un angle » de la situation avec un député bloquiste et ex-président de l’Union des artistes. À savoir que des « jurys de petits copains » avec des bureaucrates complaisants (de mèche avec ces « chapelles » ardentes) subventionnent des artistes qui n’ont jamais réussi à se constituer le moindre public, à captiver une toute petite part de ces « cochons-de-payeurs de taxes ». Les ordinaires travailleurs. Ainsi on assiste, encourage — subvention après subvention — des gens dénués du moindre talent, qui sont et restent de parfaits inconnus. Et cela, souvent, depuis des décennies d’activités car « leurs entreprises d’art » ne captivent absolument personne. Mon cher Pierre Curzi grimpa sur ses ergots pour me chicaner.

On a alors l’impression qu’il faut défendre « tous » les créateurs. Même ces inventeurs d’objets (peinture, sculpture, danse, etc.) qui laissent tout le monde… de glace. Soutenir un (ou une) débutant, oui et oui! Soutenir, échec après échec, des incapables, des ratés à « bons contacts », à « réseau » utile, non et non. Lorsque vous lisez les listes des bénéficiaires de subventions (essayez ça!) soit pour des colloques-séjours-séminaires-résidences et autres appellations cocasses, soit pour des ateliers-expos-salons-représentations, vous découvrez, stupéfaits, des tas de gens complètement « inconnus au régiment » mais qui font « carrière » en subventionnite, genre « mon art égotiste ne concerne que moi ».

Si on me dit : Jasmin-jaloux! Ou vieux gaillard-à-plume envieux, qui a réussi à se bâtir une réputation d’écrivain prolifique — contestée car j’ai des contempteurs. Cela sans jamais, JAMAIS, quêter bourses, subventions et/ou voyages culturels aux frais de la population. Eh bien, oui, c’est un fait et facile à vérifier. Je rétorquerai en outre que je n’éprouve aucune jalousie, ni pour un brillant et surdoué Robert Lepage, ni pour le fameux Cirque du Soleil (à ses débuts), ou face au fait que l’on a subventionné l’originale troupe du « La la la human step » ou l’étonnant spectacle de « L’histoire de l’oie ».

Il y a seulement un fait têtu : les « Conservateurs » en campagne, les Josée Verner auraient-ils été informés ? Quoi? La question se pose. Un bureaucrate honnête, (il y en a parfois) a vu le tableau noir des artistes-imposteurs et aurait coulé des infos? Ça se peut? Les a-t-on mis au courant qu’il y avait au chic domaine-des-subventionnés0chroniques d’HÉNAURMES gaspillages? Que dans ces officines du favoritisme « artistique », patronage connu, l’on y trouvait pleins de nids où grouillent des artistes-fumistes. Ça existe, en quantité, des ratés, des impuissants incapables de « communiquer » le moindrement. Des parasites, mon cher Curzi, — disons le mot. De ces écrivains à la noix sans aucun, aucun, lectorat. Des amateurs d’euphuisme. Des onanistes à vice solitaire en voyages payés à Knott-le-Zoutte, à Bologna-à-nos-frais. Aux studios-d’État à Paris ou à New York. Assez de leur masturbation intello : foin du gongorisme, tous ces « illustres inconnus » subventionnés très habiles à remplir les formulaires-à-bourses, on s’en torche ! Oui, je m’en balance. Qu’on coupe les vivres à ces stériles marinistes.

La tristesse de toute cette polémique? À cause du scandale de l’improductivité totale, qui a régné si longtemps - depuis que règnent des Conseils-des-arts avec leurs gamiques de clubs de « pairs » faux jurés à cliques - je crains fort qu’un gouvernement Harper, élu majoritaire, ne fasse plus rien. Rien pour stimuler les débutants. Rien pour soutenir ceux qui ont réussi avec éclat. Qui sont de brillants ambassadeurs.

Cette guerre-des-artistes m’aura permis de me vider le cœur sur le sujet « subventions-bourses ». C’est beaucoup. « Coup de pied de l’âne » quand la culture est en péril? Danger de donner des armes aux incultes ? Allons : « Tu penses que le peuple ne s’en aperçoit pas », chanterait un Vigneault! J’ai parfois semé des avertissements, l’occasion est excellente pour dire aux brailards-sur-tribunes : « d’accord avec la lutte pro-culture mais si on en profitait pour y glisser un peu de lucidité, un peu de franchise, de « vérités bonnes à dire » en tout temps, oui? » Eh bien, ici, c’est fait.

Claude Jasmin est écrivain.

Source: Les maudits zartisses, Poing comme net.

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