25 espèces et 30 habitats floristiques désignés menacés ou vulnérables
Le Conseil des ministres du Gouvernement du Québec a adopté le règlement visant la désignation de 25 espèces menacées ou vulnérables et de 30 habitats floristiques en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables. La plupart des espèces floristiques désignées sont des plantes forestières dont la protection se justifie par leur situation précaire sur le territoire québécois. Elles se concentrent dans le sud-ouest du Québec, principalement en Montérégie et en Outaouais, là où les pressions de développement se font le plus sentir et où, par conséquent, la superficie des milieux naturels décroît constamment.
Des 25 plantes désignées, seize sont rares et, de plus, reconnues pour leur situation très précaire sur le territoire québécois, voire à l'échelle du Canada. Deux de ces seize espèces sont des arbres, soit l'orme liège et le pin rigide. Les quatorze autres sont des plantes herbacées, soit l'asclépiade tubéreuse variété de l'intérieur, l'aspidote touffue, l'aster à rameaux étalés, la doradille des murailles, la floerkée fausse-proserpinie, la lézardelle penchée, la muhlenbergie ténue variété ténue, l'onosmodie velue variété hispide, le ptérospore à fleurs d'andromède, le séneçon à feuilles obovales, la valériane des tourbières, la vergerette de Philadelphie sous espèce de Provancher, la verveine simple et la woodsie à lobes arrondis sous-espèce à lobes arrondis.
Pour ces seize espèces, la réglementation prévoit que nul ne pourra posséder hors de son milieu naturel, récolter, exploiter, mutiler, détruire, acquérir, céder ou manipuler génétiquement tout spécimen ou l'une de ses parties.
Par ailleurs, neuf des 25 espèces floristiques désignées sont des plantes indigènes qui présentent une valeur commerciale sur les marchés de l'horticulture et de l'alimentation et font l'objet de récoltes intensives dans la nature. Ainsi, elles subissent des pressions non négligeables qui risquent de compromettre leur pérennité. Il s'agit de l'adiante du Canada, l'asaret gingembre, la cardamine carcajou, la cardamine géante, le lis du Canada, la matteuccie fougère-à-l'autruche, la sanguinaire du Canada, le trille blanc et l'uvulaire grande-fleur. Pour ces neuf espèces, la réglementation adoptée permettra le prélèvement des graines et des parties aériennes de la plante, c'est-à-dire des parties qui se trouvent au-dessus de la surface du sol. Ainsi, la récolte de crosses-de-violon telle que pratiquée actuellement à partir de la matteuccie fougère-à-l'autruche, demeurera autorisée. Par contre, le prélèvement à des fins commerciales de spécimens entiers ou de parties souterraines à partir de populations sauvages sera interdit.
La désignation de ces espèces à valeur commerciale permettra de protéger la ressource et d'encadrer les activités de prélèvement en milieu naturel afin que puissent s'instaurer des pratiques commerciales équitables, durables et respectueuses de l'environnement.
En ce qui a trait aux 30 habitats floristiques, la majorité se trouve sur des terres publiques. Comme le prévoit la loi, aucune activité susceptible de modifier les processus écologiques en place, la diversité biologique présente ou les composantes chimiques ou physiques propres à ces habitats ne pourra y être exercée. Ces habitats permettront d'assurer la protection de dix-sept espèces menacées ou vulnérables.

