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L'implantation d'un dépotoir à Danford Lake n'est pas souhaitable selon le BAPE

Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) a rendu public aujourd'hui son rapport d'enquête et d'audience publique sur le Projet d'établissement d'un lieu d'enfouissement technique à Danford Lake dans la municipalité d'Alleyn-et-Cawood par LDC - Gestion et services environnementaux. Dans ce rapport, Le BAPE conclut que l'autorisation du projet n'est pas souhaitable. Il estime que ce dernier court-circuiterait la démarche de concertation régionale en cours en Outaouais, qu'il excède les besoins de la région, qu'il aura des impacts sur le milieu et qu'il soulève des problèmes d'acceptabilité sociale.

Démarche de concertation en cours

Selon le rapport, il est impératif que les choix quant à la gestion régionale des matières résiduelles découlent de la démarche de réflexion et de concertation déjà amorcée par la Table des préfets de l'Outaouais, plutôt que de s'ajuster au dépôt d'un nouveau projet. Or, bien que la valorisation des matières résiduelles soit privilégiée plutôt que leur enfouissement, le processus pour trouver une solution à la gestion régionale des matières résiduelles est toujours en cours. Pour cette raison, le lieu d'enfouissement proposé risquerait de compromettre la démarche en cours.

Afin que cesse l'actuel transport extrarégional des matières résiduelles générées dans la région de l'Outaouais, le BAPE encourage la poursuite de la démarche régionale entreprise afin de déterminer la technologie de valorisation des matières résiduelles à retenir ainsi que les lieux pour l'implantation des équipements. L'engagement de la région dans un processus décisionnel transparent, reposant sur la participation publique et encadré par un calendrier rigoureux, permettrait d'y développer une solution optimale pour la gestion des matières résiduelles, tout en la rendant socialement acceptable.

Il importe que les équipements régionaux de gestion des matières résiduelles soient situés près des sources qui les génèrent, de façon à en minimiser le transport, ce qui n'est pas le cas de ce projet. De plus, compte tenu du contexte exigeant la fermeture des dépôts en tranchée pour janvier 2009, le Bureau d'audiences publiques convient qu'une solution temporaire de gestion des matières résiduelles sera nécessaire sans toutefois cautionner le projet.

Dépassement des besoins

Le rapport indique que la capacité totale de 8 mégatonnes du dépotoir proposé, échelonnée sur une trentaine d'années, excéderait largement les besoins de la région de l'Outaouais. Et lorsqu'une technologie de valorisation sera choisie et implantée pour desservir la région, les besoins en enfouissement seront encore moindres. Le BAPE reconnaît toutefois qu'il subsistera un besoin d'enfouir une certaine quantité des matières résiduelles générées, de façon complémentaire à la valorisation.

Impacts sur le milieu

S'il se réalisait, le projet entraînerait une augmentation importante du camionnage sur la route 301, entre Kazabazua et Danford Lake, alors que l'augmentation serait modérée sur la route 105. Par ailleurs, advenant une pollution de l'eau souterraine par le lixiviat, il pourrait être difficile de circonscrire le problème et de traiter les volumes d'eau contaminée provenant d'un lieu d'enfouissement d'une telle ampleur.

Acceptabilité sociale

Pour le BAPE, le projet soulève des questions d'équité parce que ce lieu est éloigné des principaux centres qui génèrent les matières résiduelles de l'Outaouais. L'ampleur du projet par rapport à son milieu d'insertion, la difficulté pour les résidants de participer à la prise de décision des instances municipales et les inquiétudes quant au contrôle des répercussions environnementales ont suscité une forte opposition dans la population. Aux yeux de l'organisme gouvernemental, ce projet présente un problème d'acceptabilité sociale.

Reste maintenant à la ministre du Développement durable, de l'Environnment et des Parcs, Line Beauchamp, de décider de la suite du projet. Avec un tel avis défavorable, on ne voit pas comment elle pourrait autoriser un tel projet bien que dans les faits, des avis défavorables du BAPE à des projets n'aient pas empêché les promoteurs de ceux-ci d'obtenir les autorisations ministérielles nécessaires à leur réalisation.

Le rapport d'enquête et d'audience publique est disponible sur le site du BAPE.

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