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Le défi de la Côte-Nord entre la forêt et la mine

L'industrie forestière s'effondre sur la Côte-Nord, c'est d'autant plus frappant avec les fermetures des trois usines de Kruger (voir : Un scandale Kruger à l'horizon ? ) et les 624 emplois perdus. Déjà les demandes d'aides gouvernementales sont acheminées par les syndicats. C'est normal. Mais, en tant que payeur de taxes, j'aimerais que ces aides soient constructives. Il ne faudrait pas que ces travailleurs restent chez eux à ne rien faire et touchent leur chèque d'aide comme du BS. Il faudrait que tous ces travailleurs reçoivent de l'argent pour les aider à se réorienter dans leur propre région. La solution à court terme ne serait-elle pas de travailler pour les compagnies minières ? Si la forêt s'effondre sur la Côte-Nord, c'est l'inverse qui semble se passer dans le secteur des mines.

On a qu'à penser à Québec Cartier (voir Cinquantième de la minière Québec Cartier ) qui va devoir remplacer beaucoup de ses travailleurs qui partent à la retraite. Les salaires sont bons et il va y avoir pénurie de main d'oeuvre. Les compagnies minières n'en parlent pas trop histoire de ne pas effrayer les actionnaires, mais reconnaissent toutes qu'il y a là un défi majeur. C'est d'autant plus vrai que la compétition est forte. Des travailleurs du Québec se font recruter par l'industrie minière du Brésil etc. La demande de minerai de fer et autres est de plus en plus forte entre autres grâce aux pays émergents comme la Chine et l'Inde.

Les centaines de travailleurs de la forêt pourraient se recycler en se spécialisant dans le travail minier. C'est bien payé, les employeurs se battent pour vous attirer. L'avenir de la Côte-Nord est là si tant est que les forces vives de la région acceptent d'aller travailler là plutôt que de s'entêter à travailler dans la forêt qui, vraisemblablement ne se relèvera pas de sitôt.

Ma solution est simpliste mais elle demande un effort tout d'abord individuel, qui est un retour aux études plus où moins long, et un effort du gouvernement pour mettre ne place suffisamment de places de formations en technique minière ou programmes spécialisés. Kruger va indéfiniment fermer ses portes sur la Côte-Nord le 29 juin prochain. Pourquoi attendre un miracle ? L'industrie minière de la région va être capable d'engager les centaines de travailleurs forestiers sans emplois. Pas d'un coup tout de suite là et maintenant, mais dans les prochains mois si tant est que les nouveaux chômeurs acceptent de se recycler. Et il n'y a pas que la Côte-Nord qui cherche des employés spécialisés pour l'industrie minière. Il faut être prêt à se recycler et à se déplacer. Tout un défi, mais il n'y a pas d'autres choix pour qui veut demeurer dans la très belle région de la Côte-Nord.

Il est certain que je vois ça de l'extérieur. Mais justement, n'est-ce pas le rôle de ceux qui ont un point de vue extérieur que de donner un avis détaché ? Lorsque l'on vit un problème de trop près il est difficile de voir autre chose que la fatalité. Emploi-Québec a affirmé à La Presse Affaires, que près de 40% des 2800 travailleurs du secteur minier de la Côte-Nord vont prendre leur retraite d'ici cinq ans. Ce qui fait 1100 postes à combler directement dans la région. Emplois payants et permanent avec de bonnes conditions soit dit en passant. Si Kruger ouvre de nouveau dans quelques mois ou quelques années, elle devra relever le défi de trouver de la main d'oeuvres. Personne ne va pleurer sur son sort si elle ne parvient pas à trouver des employés. Il y aura dans les prochaines années de graves problèmes de recrutement dans le secteur forestier. Tant pis, ce ne sera plus votre problème à vous.

L'avenir est dans les mines. Le fer surtout. Vous êtes assis dessus. Profitez-en et laissez la forêt se régénérer. Laissez Kruger aller ailleurs. Kruger n'a plus besoin de vous ? C'est plutôt vous qui n'avez plus besoin d'elle.

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