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Ce dont les régions ont besoin, ce n'est pas d'abord d'argent mais de réformes et de pouvoir!



Les grands partis en campagne électorale promettent chacun leur tour des millions et même des milliards pour les régions aux prises avec les problèmes de l'industrie forestière, de l'agriculture, des pêches, des industries de transformation, de l'exode des populations.

Mais à part Québec solidaire et le Parti vert, personne ne propose de réformer le régime forestier et le mode d'exploitation de la forêt, ni les politiques agricoles, ni la gestion des pêches, ni le modèle de développement éolien, ni le zonage agricole, ni les normes environnementales, ni la formation professionnelle, ni le statut des premières nations, ni surtout le pouvoir de décision et l'autonomie financière des élus locaux.

Pourtant, ce que ces régions, et toutes les régions du Québec d'ailleurs, ont besoin, c'est moins d'argent saupoudré ici et là que de réformes dans la gestion des ressources et des services, et surtout d'une véritable décentralisation qui donnerait aux MRC, en lien avec les ministères, les instances de concertation régionale et les premières nations, un statut de gouvernement territorial, élu et autonome financièrement. Ce qu'elles ont besoin, c'est de pouvoir gérer l'ensemble des missions de l'État sur leur territoire au lieu de subir des politiques et des programmes sectoriels élaborés dans chaque ministère avec les lobbies industriels, sans lien les uns avec les autres, et sans lien avec les territoires et leurs populations.

L'avenir des régions passe par la décentralisation, c'est-à-dire par la mise en place de gouvernements territoriaux. La structure municipale traditionnelle n'est plus en mesure de jouer ce rôle. Le seul engagement sérieux que les régions peuvent attendre des partis politiques, c'est celui de présenter et appuyer dès le début du prochain gouvernement un projet de loi-cadre sur la décentralisation. Maintenant que l'État québécois a permis aux Québécois de devenir maîtres chez eux et aux régions de se structurer, il est urgent qu'il se mette au service des communautés territoriales et leur permettent de se gouverner et de mettre en valeur ce qu'elles ont de particulier, et cela, dans tout le Québec, aussi bien à Montréal qu'en Gaspésie.

C'est sans contredit sur ce terrain que doit s'engager la deuxième révolution tranquille que tout le monde attend : le Québec des régions, des territoires, des communautés, des citoyens et non des seuls mandarins de l'État central.

J'invite les citoyens de toutes les régions du Québec à réclamer haut et fort ce projet de loi-cadre de décentralisation.

Roméo Bouchard est l'auteur de Y a-t-il un avenir pour les régions? (Écosociété)

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