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Pour en finir avec le panier d'épicerie à la Frankenstein pensez aux paniers bios d'Équiterre

Opinion du citadin



À chaque fois que je fais mon épicerie dans une grande surface je me désole. Avez-vous remarqué sur les cannages du nouveau? Moi si. Ma petite canne de maïs en grain provient depuis peu de la Thaïlande, de l'Inde ou de la Chine. Idem pour à peu près tous les produits qui auparavant provenait du Canada. Et on dit vouloir combattre l'émission de gaz à effet de serre? De plus, sait-on seulement ce que l'on épand sur ces légumes pour contrer les infestations de moustiques? Honte sur nos grandes chaînes de magasins qui ne s'approvisionnent pas ici de manière adéquate. Vous en avez aussi ras-le-bol que moi de cette aberration? Voici quelques suggestions pour combattre l'absurdité:

  • En hiver, n’achetez que des fruits et légumes en provenance du Canada. Il y en a encore pour toute les sortes de légumes et fruits mais la proportion ne cesse de diminuer. Si tout le monde se met à acheter le plus local possible, les grandes surfaces vont se réajuster. Ironiquement, les produits canadiens ne sont pas vraiment plus chers si vous magasinez un peu;
  • En été, achetez au marché public vos fruits et légumes au détriment des grandes surfaces qui ne font rien pour lutter contre les changements climatiques si ce n’est, suite aux pressions populaires, encourager l’utilisation de sacs réutilisables. Acheter dans les marchés publics, c’est pas plus cher, vous luttez contre le transport de marchandise d’un bout à l’autre de la planète.
  • Adhérez au programme Paniers bio d’Équiterre (voir le communiqué en bas de cet article). Une bonne façon de manger bio pour pas cher et d’encourager nos agriculteurs.

Trois mesures simples mais justes. Acheter du maïs de Thaïlande, de Chine ou de l’Inde alors qu’il en pousse tant ici et que nous en exportons est une aberration et une honte. Si vous devez acheter des litchis ou une Papaye, c’est normal que cela vienne de Chine, du Costa Rica etc. Mais lorsque vous achetez n’importe quel fruit ou légume qui pousse au Québec pourquoi acheter d’ailleurs? Parce que c’est moins cher? C’est totalement faux. Si vous magasinez un peu ce n’est jamais plus cher, au pire c’est au même prix. Le coût environnemental de tout ça on va le payer un jour pour toutes ces denrées qui nous arrivent par avions et bateaux. Honte sur les grandes surfaces d’encourager ça. Pourquoi font-elles ça? Tout simplement parce que pour s’approvisionner elles veulent des fournisseurs aptes à fournir l’ensemble du réseau de succurcales et ainsi couper dans ses coûts à elles.

Seul le citoyen ordinaire peut lutter contre ça par son pouvoir d’achat. Alors à votre prochaine épicerie, lisez la provenance de vos fruits et légumes. Achetez québécois et suivez nos trois petits conseils pour consommateurs responsables.

Voici en terminant le communiqué expliquant l’excellente initiative d’Équiterre. Je vous invites à y participer en grand nombre et à faire un joli pied de nez à nos grandes surfaces en alimentation.

Ricardo Codina

Paniers bio d'Equiterre : 26 000 Québécois participeront en 2007 au plus important réseau d'Agriculture soutenue par la communauté au monde

MONTREAL, le 7 mars /CNW Telbec/ - Dans la foulée de la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois (CAAAQ) et devant la crise du revenu agricole à laquelle sont confrontés les fermiers québécois, 8 700 familles tisseront en 2007 des liens solidaires avec un fermier de famille. Quelque 26 000 citoyens s'abonneront dans les prochains jours au réseau d'Agriculture soutenue par la communauté d'Equiterre, le plus important du genre au monde, afin de recevoir des paniers bio.

"Le réseau d'Agriculture soutenue par la communauté (ASC) d'Equiterre représente une solution efficace pour soutenir le milieu agricole québécois, pour renforcer les liens de solidarité entre producteurs et "citoyens-mangeurs" et pour consommer des produits frais, sains et sans pesticides à juste prix", explique Isabelle Joncas, chargée de projet en ASC à Equiterre.

Des retombées économiques importantes

Le réseau ASC d'Equiterre, mis sur pied il y a 12 ans, compte cette année 99 fermes et 341 points de livraison dans 13 régions du Québec. Les retombées économiques de ce réseau sont estimées à 3,8 millions de dollars au Québec selon une étude réalisée par Equiterre en 2006 sur les coûts de production des fermes ASC. Sur les 508 entreprises agricoles certifiées biologiques dans la province, 20 % font partie du réseau ASC et près de la moitié des fermes maraîchères biologiques québécoises mettent en marché sous cette formule.

Un moteur pour la relève agricole

Selon la Fédération de la relève agricole, deux fermes par jour cessent actuellement leurs activités au Québec. Entre 1981 et 2001, ce sont près de 16 000 fermes, surtout de petite taille, qui ont disparu dans la province (Statistique Canada, 2001). La formule ASC permet d'inverser la tendance en facilitant le démarrage en agriculture des jeunes entrepreneurs. En effet, seulement quatre hectares peuvent suffire pour le démarrage d'une production en ASC rentable, qui pourra nourrir 210 familles. L'âge des agriculteurs ASC démontre bien le dynamisme de la formule. Dans le réseau, près de la moitié d'entre eux ont moins de 40 ans alors que selon le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec, il n'y a que 20 % des agriculteurs québécois qui sont âgés de 34 ans et moins.

Plus de création d'emplois

Le grand avantage de la formule ASC réside dans le fait que 100 % du dollar versé par le citoyen revient directement au fermier. De plus, pour chaque dollar de revenus en ASC, 0,45 $ sont consacrés au paiement de salaires (incluant celui des propriétaires) alors qu'en moyenne sur les fermes du Québec, c'est seulement 0,12 $ par dollar qui sont consacrés aux salaires. C'est donc dire que la formule ASC crée trois fois plus d'emplois que ne le fait l'industrie agricole québécoise.

Un réseau solidaire pour les citoyens et les agriculteurs

L'ASC est portée par un mouvement citoyen qui soutient les fermiers d'ici et l'économie rurale québécoise. Cette formule permet aux agriculteurs de prévoir leur production pour un nombre déterminé de personnes à l'avance avec des revenus connus et assurés, et de diminuer les pressions qu'exerce le marché sur ces fermes. Enfin, l'ASC permet aux citoyens d'être en contact avec la source de leur alimentation, de se familiariser avec l'agriculture biologique et de poser un geste d'une grande portée sociale et environnementale.

Pour manger sainement sans nuire à l'environnement

Non seulement la production des aliments en ASC est biologique, mais elle permet également de réduire les émissions de gaz à effet de serre. En effet, dans cette formule, la distance moyenne entre le lieu de production et le lieu de consommation correspond à 150 km, alors que pour un panier d'épicerie "standard", elle varie entre 2 400 km et 4 000 km (World Watch Institute). La formule réduit également l'emballage au maximum.

Participer à l'ASC : un geste facile

Pour soutenir un fermier de famille, il suffit de consulter la liste des fermes participantes sur le site Internet d'Equiterre et de trouver celle qui livrera le plus près de chez soi fruits, légumes ou viandes biologiques. Le citoyen intéressé est aussi invité à consulter l'horaire des rencontres d'information se tenant de la mi-mars à la mi-mai ou à communiquer directement avec la ferme. Il est aussi possible de contacter Equiterre pour recevoir la liste des fermes par la poste au (514) 522-2000 ou sans frais au 1-877-272-6656.

Pour plus d'informations sur l'ASC et pour consulter la liste de fermes: www.equiterre.org/agriculture/paniersBios.

Commentaires

pour ne plus avoir à se nourrir d'aliments Frankeinstein

Les panier d'Équiterre, je veux bien mais sur la Côte-Nord, on fait comment? Obligés de prendre ce qu'on nous offre.

La seule solution est d'interdire l'emploi des ogm et de tenter, si possible, avant que ce ne soit pas trop tard, de tout réparer.

Pour la Côte Nord

Dans les épicerie de la Côte-Nord, vous avez des fruits et légumes du Québec. De plus, vous avez le choix dans vos épiceries d'acheter des crevettes de Chine ou du golfe du St-Laurent. Optez toujours pour les produits du Québec. Pas besoin des paniers d'Équiterre pour faire sa part. L'action citoyenne peut se faire sur une base individuelle et de manière réaliste. Il suffit de vous adapter à la réalité de votre région et toujours encourager l'économie locale avant celle d'ailleurs. Je suis convaincu que vous trouverez des solutions. Quant à l'impossible, nul n'y est tenu.