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Loi sur le tabac

Les bars du Québec seraient en perdition

Régions du Québec



L'entrée en vigueur de la loi sur le tabac a provoqué une diminution du chiffre d'affaires de ce secteur. Ce qui est normal. Les fumeurs invétérés vont rester chez eux pour fumer. Au lieu de sortir dans leur bar préféré, ils s'en allument une et consomment de la boisson chez eux ou entre mais quand ce n'est pas carrément dans des bars illégaux. Mais est-ce un tort que certains bars ferment? L'Ontario a plus de populations et moins de bars qu'au Québec. Ils ne sont pas malheureux pour autant. La question qu'il faut se poser c'est le Québec a-t-il trop de bars?

Selon un communiqué paru aujourd'hui par l'Union des tenanciers de bars du Québec, Statistiques Canada aurait publié en novembre 2006 les chiffres suivants : 18% de baisse d'achalandage dans les bars entre novembre 2005 et novembre 2006. ventes de boissons des bars de la province de Québec. Recettes comparées :

Novembre 2005 719 001 000$

Novembre 2006 591 597 000$

Diminution 127 404 000$

Le communiqué alarmiste nous apprend aussi que ces chiffres représentent seulement les ventes de boisson et que si tous les revenus des bars (lire ici les loteries vidéo, vente de cigarettes et je ne sais quoi d'autre) les pertes seraient beaucoup plus grandes mais pas chiffrées.

Les résultats du mois de janvier 2007 et du reste de l'hiver seront encore pires prédit-on. La survie des tenanciers de bars et leurs employés est en jeu. La situation est grave. La Vice-présidente de l'organisme affirme que le gouvernement devra apporter des assouplissements et concéder des compromis à la loi avant qu'il ne soit trop tard. Les bars du Québec seraient en perdition.

Même si le cri du cœur est valable et compréhensible, ça sonne faux. Lorsqu'on a un message comme ça à faire passer, il n'est pas suffisant d'exiger des assouplissements, encore faut-il les expliquer et suggérer des dispositions concrètes et bien décrites. Ce qui n'est pas le cas de ce communiqué.

Sur le fond de la question ensuite. Ce ne sont pas tous les bars qui vont mal. Beaucoup d'entre eux vont même très bien et prospèrent davantage. Ceux qui périclitent sont ceux qui, sans doute, avaient une majorité de fumeurs parmi sa clientèle : bars du coin, loteries vidéo, taverne etc. Là, c'est vrai, ça va mal pour vrai. Pourtant, je crois qu'il est essentiel que le gouvernement demeure ferme sur sa position. Terminé le tabac dans les bars? Et bien c'est terminé. Votre commerce est en péril? Il faut trouver une nouvelle clientèle, une nouvelle vocation, vendre ou fermer. Ce sont les lois du marché.

Je suis allé en Irlande au moi de mai 2006. Dans ce pays, il est interdit de fumer dans les pubs depuis peu d'années. À l'époque une vive polémique prédisait la disparition du pub ce lieu de rencontre si cher aux Irlandais. Or, je peux vous dire que les pubs sont plein à craquer. Les fumeurs vont dehors dans la rue ou dans les Beer Gardens aménagés dans certains pubs. Mais, tenanciers et clients respectent le fait qu'à l'intérieur c'est sans fumée.

Lorsque vous parlez à des Irlandais, certains pestent un peu contre cette nouvelle réalité, mais la plupart sont bien contents de boire leur bière noire dans un environnement sans fumée. Et sachez qu'en Irlande il y en a du pub au kilomètre carré.

Je crois que la plupart des bars au Québec vont survivres à la loi sur le tabac. Ceux qui ne survivront pas sont ceux qui n'auront pas su s'adapter à cette nouvelle réalité. Une loi, c'est fait pour être respecté surtout si la majorité des Québécois sont d'accord avec son application actuelle. En tant qu'ancien fumeur, je suis d'accord avec l'application de cette loi dans sa forme actuelle. La cigarette est un poison et une sacré merde qui cause une dépendance très forte. Moins il y a d'endroit pour prendre sa dose, plus il devient facile d'arrêter, de se motiver.

Je vais plus souvent dans les bars depuis l'application de la loi et je ne suis pas le seul. Comme bien des anciens fumeurs, je fuyais les lieux où les tentations risquaient d'être trop fortes. Les bars étaient l'endroit où la tentation était très forte. Je n'y allais pratiquement plus depuis quatre ans. Maintenant, je retourne de temps en temps pour prendre une bière entre amis ou voir un match de hockey. Je n'ai plus peur d'être tenté par la cigarette en y allant. Les fumeurs doivent sortir pour s'adonner à leur dépendance.

Je ne crois pas que les bars du Québec soient en perdition actuellement tel que l'annonce le communiqué. Les affaires ont déjà été meilleures. Je crois aux statistiques énoncées, mais qui dit qu'elles seront toujours aussi mauvaises? La solution pour moi ne passe pas par un assouplissement de la loi sur le tabac. La solution se trouve dans un renouvellement de la vocation des bars, la solution se trouve dans l'innovation et l'originalité. Ceux qui refusent de voir cela sont malheureusement condamnés à la fermeture.

Le communiqué en question :

Chiffres d'affaires catastrophiques dans les bars de la province de Québec

MONTREAL, le 15 fév. /CNW Telbec/ - Depuis l'entrée en vigueur de la loi sur le tabac, les chiffres d'affaires des bars ne cessent de diminuer et les fermetures se multiplient. Un fournisseur nous a informé qu'au moins 106 bars ont fermé.

Voici les résultats de novembre publiés par Statistique Canada, mois où l'hiver n'était même pas encore commencé, indiquant une baisse de 18% de 2005 à 2006.

Novembre 2005 719 001 000$

Novembre 2006 591 597 000$

Diminution 127 404 000$

Ces chiffres représentent uniquement les ventes de boisson des bars de la province de Québec. Si nous combinons tous les types de revenus des bars, le pourcentage de la baisse est beaucoup plus grand.

Les résultats à partir du mois de Janvier et du reste de l'hiver seront encore plus désastreux. La survie des tenanciers de bars et de leurs employés est en jeu. La situation est grave. Le gouvernement devra apporter des assouplissements et concéder des compromis à la loi avant qu'il ne soit trop tard.

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