Trois-Rivières et la prière : le maire et les deux professeurs
Mauricie
Deux professeurs de l'Université du Québec à Trois-Rivières envisagent de porter plainte à la Commission des droits de la personne pour que cesse la prière avant les assemblées publiques du conseil municipal de la ville. Le maire Yves Lévesque n'en revient tout simplement pas. Si cette nouvelle est véridique, nous non plus, à la Vie Rurale, nous n'en revenons pas. Quelle histoire de fous!
Le maire, ne sachant plus à quel saint se vouer, a déclaré au journal Le Nouvelliste qu'il avait l'intention de contrecarrer le plan de ces professeurs en invitant ces derniers à venir faire leur propre prière au début des assemblées. "Ils vont avoir droit au même temps que je prends pour dire leur propre prière, selon leurs propres convictions religieuses, alors ils ne pourront pas dire que je brime leurs droits. Je prends 10 secondes, eh bien, je vais leur donner 10 secondes. Ils vont pouvoir dire leur prière et ça va nous permettre de s'enrichir mutuellement sur différentes cultures religieuses", explique le maire. "Ils diront leurs paroles. Ça va nous faire plaisir de les écouter et peut-être qu'ils vont en convertir quelques-uns", a-t-il ajouté.
Le Nouvelliste rappelle dans son édition du samedi 20 janvier 2007 que les professeurs Ghyslain Parent, professeur en adaptation scolaire et Claude Gendron, également du département des sciences de l'éducation, sont à la source de cette histoire. Ces derniers, auraient envoyé une lettre à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) pour que cesse la prière. La lettre en question n'a pas été traitée comme une plainte officielle car les deux plaignants ne peuvent démontrer qu'ils ont personnellement été brimés par cette pratique. En effet, les deux hommes n'ont jamais assistés à une séance du conseil. Le Nouvelliste affirme qu'ils entendent donc y participer pour éventuellement faire une plainte officielle.
Le maire est très fâché et déçu de l'attitude des deux universitaires : «Pour que leurs droits soient brimés, ils vont assister à une séance du conseil alors qu'ils n'y sont jamais venus avant. Ils vont venir au conseil pour être brimés. C'est vraiment chercher des bibittes là où il n'y en a pas. C'est ça, semer le trouble», déplore le maire. "Ils vont voir qu'on ne brimera pas leurs droits. On va encore démontrer que Trois-Rivières est une ville d'histoire et de culture. On respecte toutes les cultures", assure-t-il au Nouvelliste. "Peut-on se battre pour quelque chose d'autre? Y a-t-il d'autres priorités plus importantes pour notre population? La preuve qu'on ne brime pas ses droits, il (M. Parent) n'est même pas là. C'est ridicule. On a d'autres choses à faire." affirme-t-il en guise de conclusion.
Il est à espérer que les deux professeurs n'aillent pas plus loin dans leur projet. Il me semble que ce ne serait pas très habile en ces temps d'accommodements raisonnables. En effet, toutes les religions semblent obtenir des accommodements du genre sauf celle de la majorité. Si nos deux intellectuels ne veulent pas devenir la risée de tous, ce qui est presque le cas, ils devraient peut-être arrêter ici leur croisade. C'est bien beau la laïcité, mais il faut choisir le moment opportun pour le combat.
Il me semble que dans le domaine de l'éducation, domaine dans lequel œuvrent les deux plaignants, il y a bien d'autres dossiers plus prioritaires que celui de faire disparaître la prière à l'hôtel de ville. D'ailleurs le lien entre la mairie et la salle de cours ou les recherches de ces messieurs ne me semble pas des plus évident.
Souhaitons que toute cette histoire, qui n'en est pas encore une, s'arrête là. Si tel n'est pas le cas, il nous fera plaisir de la couvrir, mais cette fois dans la section opinion.


La prière
Robert Henri
Jeudi 25 Janvier 2007 16:06:09