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Travailler au Québec ne devrait pas nous condamner à y vivre

Opinion du citadin

Jean Vaillancourt, recteur de l'UQO

Source image : http://www.uqo.ca

Travailler au Québec et vivre en Ontario est-il un problème? Pas du tout, parlez-en aux gens qui travaillent en Outaouais et vivent en Ontario ou qui travaillent en Ontario et vivent au Québec. Ils sont des milliers. Souvent il n’y a qu’un pont à traverser. Mais, lorsqu’on est Jean Vaillancourt, recteur de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), il semblerait, selon l’ancien premier ministre du Québec, Bernard Landry, qu’il faille absolument vivre au Québec. «Il est libre de faire ce qu'il veut, mais je pense que son devoir de citoyen est d'habiter le Québec et de payer ses impôts au Québec», a-t-il indiqué hier, en entrevue au Journal de Québec.

Bernard Landry parlait ici d’éthique et de devoir, mais du même souffle, reconnaissait qu’il n’y avait rien d’illégal dans la situation de Jean Vaillancourt. Les gens sont libres de circuler entre l’Ontario et le Québec bien entendu. Le recteur de l’UQO gagne 166 000$ par année, a une automobile immatriculée en Ontario et ne paie pas un sous d’impôt au Québec.

Le Journal de Québec rapport que Monsieur Vaillancourt économise jusqu’à 5000$ par année en impôt et prive le Québec de 33 000$ chaque année. Pour Bernard Landry, il est important de rappeler que l’UQO a été fondée par le gouvernement de René Lévesque en 1981 dans l’objectif de consolider la région de l’Outaouais. «Ce n'est pas sage pour le recteur de ne pas en tenir compte», dit l'ex-premier ministre.

Le recteur de l’UQO s’est défendu sur le site Internet du quotidien Le Droit en affirmant être dans la même situation que les 60 000$ personnes qui traversent les ponts chaque jour. Pour Bernard Landry, le recteur de l’UQO n’est pas un simple citoyen mais le patron d’une grande institution régionale et québécoise.

J’espère que Jean Vaillancourt ne déménagera pas pour satisfaire les exigences de l’ancien premier ministre du Québec. Que je sache, le Canada est toujours un seul et même pays unis avec la libre circulation de ses citoyens (de tous ses citoyens). Que ce soit pour vivre ou pour travailler, chacun devrait être libre de faire ce qu’il veut dans le cadre du respect de la loi. Dans le cas présent, personne n’enfreint la loi.

Même éthiquement, quel mal y a-t-il pour Monsieur Vaillancourt de vivre en Ontario et travailler au Québec? Aucun. Il paie 5000$ de moins d’impôt pour autant sinon plus de services. De plus, il faudrait qu’il se tape un déménagement, vendre sa propriété d’Ottawa et en achète une au Québec. Tout ça pour 166 000$ par année. C’est un bon salaire certes, mais pour un travail exigeant. S’il aime sa maison en Ontario et qu’il est satisfait des services qu’il y reçoit, pourquoi n’aurait-il pas le droit d’en faire autant que les 60 000 citoyens qui font de même sous prétexte qu’il est recteur?

Qu’il fasse ce qu’il veut et qu’il se passe des remarques de Bernard Landry. Travailler au Québec doit-il nous condamner à y vivre? La réponse est non qu’on soit recteur ou plombier. Alors qu’on laisse la vie personnelle de Monsieur Vaillancourt et qu’on le juge sur son travail et non sur son lieu de résidence.

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