La Vie rurale / Opinions / Rentrée et grippe A(H1N1)

Rentrée et grippe A(H1N1)

Opinion du citadin

Émile Loranger, maire de
l'Ancienne-Lorette. Photo :
www.lancienne-lorette.org.

La rentrée scolaire est arrivée. La grippe porcine, ou si vous préférez la A(H1N1) pour ne pas nuire davantage à l’industrie porcine, suscite de nouveau l’inquiétude. Pourtant, elle n’est pas partie durant les vacances estivales. C’est juste qu’elle fut mise de côté, les journalistes et gens de médias prenant eux aussi des journées de congé. Donc, retour en classe et on s’inquiète de nouveau de la grippe comme si l’école était cent fois plus propice à la contagion qu’une plage bondée ou un camp de vacances…

Comme ce printemps donc, et même si un vaccin s’en vient, la A(H1N1) provoque de nouvelles inquiétudes. Il faut dire qu’une jeune mère de famille vient de succomber à la maladie quelques semaines après avoir donné la vie.

Outre cette triste nouvelle, des politiciens ne sont pas en reste et certains surfent sur ce sujet d’actualité pour se faire de la publicité gratuite. C’est le cas du maire de l’Ancienne-Lorette, Émile Loranger, dans la région de la Capitale-Nationale, qui a décidé de ne pas serrer de mains durant la prochaine campagne électorale municipale afin de ne pas propager ce virus. Le 1er novembre, en pleine campagne, ce sera en pleine période d’éclosion majeure de la maladie. Le candidat explique au Journal de Québec que c’est une question de santé publique.

Les autres politiciens, fort heureusement, n’embarquent pas dans cette attitude extrême. Nous n’en sommes pas là! Faudra évaluer la situation en novembre, il est bien trop tôt pour faire des annonces de ce genre à moins de vouloir faire parler de soi. Et, sur ce point, c’est réussi pour Monsieur Loranger. «Ça va frustrer des gens, explique-t-il. Mais on va leur dire qu'il faut être prudent. On a toujours peur des critiques, mais est-ce qu'on se laisse guider uniquement par des principes électoraux ? Les gens décideront une fois aux urnes.» explique au Journal de Québec le maire de l’Ancienne-Lorette.

J’espère que les gens décideront de voter sur d’autres motifs que ça, mais ça les regarde. Lorsqu’on a serré des mains, on les lave au savon après et c’est réglé, les virus et bactéries ne sont plus sur nos mains. Il ne faut pas virer fou dans l’état actuel de la A(H1N1). Si nous avions une éclosion subite de la maladie et une évolution importante de la morbidité, certes il faudrait resserrer les mesures de sécurité et de prévention. Cela veut dire cesser de serrer des mains, cesser les rassemblements, porter des masques voire mettre les gens en quarantaine etc. Mais présentement, bien franchement, l’annonce du maire Loranger est ce qu’on appelle mettre la charrue devant les bœufs.

Oui aux précautions et à la prévention, mais non à la psychose. Le maire de l’Ancienne-Lorette a peur d’avoir peur. Il a peut-être la phobie des germes. Plutôt que de se frotter les mains au sang durant des heures après une séance de serrage de mains, il préfèrera s’en abstenir et ça le regarde.

Sachant que son attitude de campagne sortira de l’ordinaire il a décidé d’en faire de la nouvelle. À la place, on se fera des bises et des gros câlins? Qu’on soit d’accord ou non, le maire gagne son pari d’avoir fait parler de lui en transformant une probable phobie personnelle en nouvelle d’intérêt public. Comme première publicité de campagne, ce n’est pas pire du tout et original.

Commentaires