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Psychose, prévention ou réalité?

Depuis quelques mois, les médias s’attardent à un phénomène régional, provincial, national et international. Il est pratiquement impossible que vous n’en ayez pas entendu parler étant donné son importance. Une certaine partie de la population est plus à risque que d’autres. Vous avez sûrement deviné ce à quoi je faisais référence. Effectivement, il s’agit de la grippe A (H1N1). Selon les prévisions, de 25 à 35 % des Canadiens seront atteints par cette pandémie et d’après un sondage réalisé par La Presse Canadienne-Harris-Décima, 48 % des Canadiens et 45 % des Québécois ont l’intention d’avoir recours au vaccin. Sur la forme je comprends très bien la situation mais c’est sur le fond où j’ai des interrogations. D’autant plus qu’en écoutant ou en lisant les nouvelles, on nous bombarde d’informations contradictoires quant à la vaccination qu’au phénomène lui-même. Le fait est qu’avec l’arrivée d’Internet, des chaînes télévisées d’information continue, des multiples journaux, il est facile de s’y perdre mais très difficile de savoir qui croire.

Un fait s’impose. Il y a quelques mois à peine, des points de presse furent tenus quotidiennement par le Directeur national de la santé publique, le Dr Alain Poirier. Il faisait état de l’évolution de la situation, des mesures à prendre mais tentant surtout de rassurer la population afin d’éviter une paranoïa générale. Cette mesure dura quelques semaines et par la suite, plus rien. À cette fin, sur le site du ministère de la Santé et des Services sociaux, on nous informe que depuis le 15 mai 2009, les autorités de santé publique du Québec ne procèdent plus à la recherche systématique des cas suspects et probables de grippe A(H1N1) dans la communauté. Seuls les cas nécessitant une hospitalisation font dorénavant l’objet d’une investigation. Qu’est-il arrivé si soudainement? Était-ce parce que la situation s’était stabilisée et que les craintes face à une éventuelle pandémie étaient plus ou moins fondées? Était-ce parce qu’ils avaient anticipé trop rapidement la situation? Ou bien est-ce parce qu’on fait maintenant face à une deuxième vague plus importante que la première?

Voilà que depuis quelques semaines, les médias ont repris l’affaire; preuve que l’accalmie est bel et bien terminée. Le Dr Alain Poirier est réapparu dans les médias, les conseils d’hygiènes pleuvent à nouveau et les appréhensions ont refait surface. Bien entendu, personne ne peut être contre la vertu. On ne peut blâmer les autorités en place d’avoir voulu, et de vouloir à nouveau, prodiguer les meilleurs conseils dans le but de rassurer la population tout en leur donnant les outils pour leur propre bien-être. Mais serait-ce encore un autre épisode alarmiste qui se terminera par une autre accalmie? Le temps nous le dira bien.

La contreverse autour de la vaccination

Là où le bât blesse, c’est sur la question de la vaccination; parce que la grippe en-soi et le risque de pandémie ne sont plus des phénomènes inconnus pour quiconque. Il y a donc d’un côté les tenants de la vaccination et de l’autre, ceux en total désaccord avec celle-ci. Une polémique entre ces deux protagonistes s’est développée.

Le Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS), l’Agence de la santé publique du Canada, les médecins, les chercheurs et les épidémiologistes travaillent de concert afin d’administrer un vaccin sans danger pour la population. En écoutant les entrevues, ils tentent de se faire rassurants en nous mentionnant que le vaccin est sans risque. On nous informe sur le site de l’Agence de la santé publique du Canada que le vaccin consiste en une préparation destinée à procurer une immunité contre une maladie en stimulant la production d’anticorps. Un vaccin est le principal outil permettant de prévenir la maladie et les décès attribuables à un virus d’influenza. Il stimule la production d’anticorps contre les éléments du virus grippal compris dans le vaccin, procurant ainsi une immunité contre le virus visé. Le but est de prévenir une pandémie et de donner les meilleurs soins dans le but de minimiser les effets de la Grippe A (H1N1).Des médecins ont affirmé que des effets secondaires probables sont à prévoir, mais sans conséquence grave selon leur dire. Tous les tenants de la vaccination s’accordent pour dire que le nouveau vaccin sera efficace et sécuritaire. Seul le temps le prouvera.

Aussi, le MSSS mit en place des mesures préventives pour réduire la propagation du virus. Par exemple, le retrait des écoles des femmes enceintes qui sont à risques. De plus, les hôpitaux se sont préparés dans l’éventualité d’une grave pandémie et même que des lieux publics – établissements scolaires, hôtels, arénas – pourront être transformés en hôpitaux si la situation l’exige. Finalement, des brochures seront envoyées prochainement relatif à la situation actuelle permettant de mieux comprendre le phénomène et les moyens à prendre pour y faire face.

Voici principalement à qui s’adressera cette première vague de vaccination :

  • Les malades chroniques de moins de 65 ans;
  • Les femmes enceintes;
  • Les enfants de plus de 6 mois et moins de 5 ans;
  • Les personnes habitant une localité ou une communauté éloignée ou isolée;
  • Les travailleurs de la santé;
  • Ceux et celles habitant avec des personnes à risque élevé ne pouvant être immunisées.

À l’opposé, on retrouve ceux étant en total désaccord avec la vaccination et plus encore, la vaccination de masse. Certains affirment qu’il s’agit d’un complot planétaire orchestré par les gouvernements mondiaux et les compagnies pharmaceutiques dans le but de créer un génocide et ainsi libérer la planète. Disons que nous repasserons pour ce genre de pseudo-argument. Par contre, dans une réalité bien concrète, quelques chercheurs et médecins, autres que ceux en faveur de la vaccination, s’entendent pour dire que le vaccin ne sera pas aussi efficace, tel que prétendu par les autorités; même que certains médecins ne se feront pas vacciner étant donné la faible faisabilité des études et des conséquences pouvant être reliées au vaccin. Aussi, ces mêmes personnes affirment que le vaccin occasionnera davantage de problèmes de santé qu’il n’en guérira. On ne mentionne pas, pour le moment, quels seront les effets secondaires reliés puisque les études ne sont pas totalement terminées et que les tests ont été effectués sur un nombre restreint d’individus. Il faudra donc attendre une étude post-vaccinatoire.

Dans une entrevue réalisée par Pierre Maisonneuve sur la Première chaîne de la radio de Radio-Canada, Karl Weiss, professeur à l'Université de Montréal et médecin microbiologiste-infectiologue à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, affirmait qu’il faut des années d’essais cliniques avant d’en arriver à un vaccin final et qu’une période de six mois est nécessaire avant de connaître l’efficacité réelle de celui-ci. Ce dernier affirmait aussi que les tests ne seraient pas tous terminés lorsque la population sera vaccinée. D’autres se posent la question quant à l’ajout d’adjuvant au vaccin. Rapidement, l’adjuvant est une substance rajoutée à la fabrication du vaccin dans le but de surstimuler le système immunitaire pour augmenter la réponse au vaccin ou pour diminuer les effets indésirables causés par celui-ci.

Un fait reste tout de même. La Loi sur la santé publique du Québec stipule que le gouvernement peut ordonner la vaccination obligatoire de toute la population ou d'une certaine partie de celle-ci contre la variole ou contre une autre maladie contagieuse menaçant gravement la santé de la population.

Vous avez pu lire les arguments des deux partis. Ces arguments et ces faits ont été vérifiés et contre-vérifiés; rien n’a été laissé au hasard. De ce fait, il est légitime de se demander comment un tel vaccin peut créer autant de débats et d’incertitudes. Surtout lorsque l’on sait qu’il est censé sauver des vies et non semer des doutes et des craintes.

Peu importe l’évolution de la situation, il en tient à chacun de très bien s’informer, de tenter de se prémunir contre ce virus et de décider si, oui ou non, le vaccin leur sera bénéfique. Bref, tout est une question de responsabilité sociale. Si jamais vous avez des interrogations, vous pouvez consulter le site Internet suivant : http://www.msss.gouv.qc.ca/sujets/prob_sante/influenza/index.php?faq-grippe-humaine-dorigine-porcine ou communiquer avec Service Québec, tous les jours, de 8 h 30 à 16 h 30, au 1 877 644-4545.

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