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Psychose de la A (H1N1): déjà?

Photo: Photoxpress.com.

Il y a quelques jours, j’écrivais pour la Vie rurale une chronique sur la grippe A (H1N1) qui s’intitulait Psychose, prévention ou réalité? où j’exposais la situation ainsi que le point de vue des tenants de la vaccination et celui des opposants. Voilà maintenant que la période de vaccination est en branle depuis quelques jours au Québec et que déjà il y a des ratés. Dites-vous bien que la deuxième vague de vaccination n’est même pas encore entamée...

Constat d’échec... jusqu’à maintenant

Des files d’attente (de jour comme de nuit) dans les divers sites de vaccination, l’épuisement des réserves de stock de vaccins et le renvoi de plusieurs patients pour manque de doses. Et je ne parle même pas de la présence policière dans certaines municipalités. Voilà en résumé la situation de la première vague de vaccination au Québec.

De plus, lorsqu’un adulte ou un enfant semble avoir les symptômes précurseurs d’une grippe, ils se rendent directement à l’urgence des hôpitaux créant ainsi un tsunami de patients quasi valétudinaires. Le Dr Poirier a confirmé que plusieurs de ces cas n’étaient pas en lien avec la grippe A (H1N1) et qu’il s’agissait plutôt de la grippe autumno hivernale, présente comme chaque année. La population québécoise est sur un pied d’extrême alerte en ce moment. Dès qu’un mal de gorge, une petite toux ou un minimal de tête se pointe à l’horizon, ils ont dans l’esprit qu’ils sont atteints de ce virus. On ne peut les blâmer puisqu’ils ont été conditionnés aux divers discours des autorités craignant ainsi pour leur santé et celle de leurs proches. Le problème est que la grippe récurrente saisonnière, présente annuellement au Québec, est amplifiée par la situation actuelle. De ce fait, la population accourt aux moindres symptômes. On ne peut la blâmer.

Dans d’autres cas, certains vont se faire vacciner, et ce, même s’ils ne se trouvent pas dans les groupes visés ou dans leur région respective. Est-ce qu’ils ont tort de se présenter? Aucunement. Le gouvernement, les responsables de la santé publique, les médecins et autres tenants de la vaccination ont bâti une telle campagne (surexposition dans les divers médias, approbation de l’efficacité du vaccin, explication des risques engendrés par le virus) qu’ils sont responsables de la situation qui sévit présentement. De plus, il est à souhaiter que la situation ne dégénère pas dans les écoles ou les garderies et autres endroits publics. L’Ukraine a justement décidé de fermer ses écoles pour une période de trois semaines à cause de cette grippe. En espérant que ce ne sera pas le cas pour le Québec.

Quelle sera la suite?

Que passe-t-il en ce moment? Il y a un manque et de vaccins et de personnel pour les administrer. Des sites de vaccination ne sont pas opérationnels ou ferment avant que toutes les personnes présentes aient reçu la dose tant convoitée. Un vent d’inquiétude et d’impatience commence à se manifester. Bref, on se retrouve confronté à tout un cocktail émotif. Il a fort à parier que la situation n’ira pas en s’améliorant. Les gens savent maintenant que les doses sont en quantités limitées alors certains voudront à tout prix se faire vacciner avant qu’il y ait pénurie continuant ainsi à faire tourner la roue que l’on connaît à l’heure actuelle. Mais force est de constater que tout se déroule dans le calme et avec civisme pour le moment.

Mais que s’est-il passé? Trois possibilités peuvent expliquer ce marasme. Soit que le gouvernement était loin d’être préparé à offrir la vaccination de masse. Soit qu’il a créé un vent de panique intenable dans la population et qu’il est aux prises avec les conséquences que nous connaissons maintenant. Ou soit qu’il ne peut répondre à la demande du moment, pour des raisons hors de son contrôle, vu la réponse positive de la population. Peu importe la réponse, il est évident qu’il y a eu un manque quelque part et qu’il est impératif de rétablir la situation dans le but de rassurer la population.

Que se passera-t-il lors de la deuxième vague de vaccination, soit celle des gens en bonne santé âgés de cinq ans et plus? Nul ne connaît la réponse sauf que tous souhaitent avec vigueur qu’elle ne ressemble pas à la première et que la situation sera mieux coordonnée pour ceux désirant se faire vacciner. On peut se demander s’il y aura encore des files d’attente interminables, une pénurie de vaccins et des gens retournés à la maison. On le saura d’ici quelques jours mais il y a lieu de croire que la situation ne sera pas mieux qu’elle l’est en ce moment.

Cela dit, je le dis et répète, je ne suis aucunement contre la vertu et la prévention. Je ne dis pas non plus que la situation ne se régularisera pas. Mon but n’est pas d’ostraciser le gouvernement. Mais force est de constater qu’on se trouve, en ce moment, en présence d’une angoisse collective et que les autorités en place devront rectifier le tir au plus vite.

Il reste seulement à souhaiter que la pandémie se stabilise pour la santé de tous et que la deuxième vague de grippe s’estompe aussi rapidement que la première. À suivre...

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