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Le silence et l’uranium au Québec

Opinion du citadin

Site d'exploration du lac Kachiwiss

Site d'exploration du lac Kachiwiss

Source : http://www.terrauranium.com

Le projet d’exploitation d’une mine d’uranium au Lac Kachiwiss près de Sept-Îles suscite la grogne dans la région. C’est un débat important qu’on soit pour ou contre car on n’exploite pas une mine d’uranium comme on exploiterait une mine de fer. On n’exploite pas du matériel radio actif comme un minerai neutre. Il faut don une prise de position gouvernementale tant au niveau provincial que municipal, une prise de position concertée. Sinon, tout ce qu’on entend, c’est le bruit ambiant de ceux qui crient le plus fort. Deux groupes ont crié fort jusqu’à présent, un qui l’a bien fait et l’autre plutôt mal.

Celui qui a plutôt mal fait fut l’Association de la protection de la rivière Moisie (APRM) qui, le 1er avril 2009, manifestait contre l’exploitation de l’uranium en affirmant que c’était nocif pour l’environnement. Les 80 manifestants s’étaient rendus près des lieux prévus d’exploitation en motoneiges et accompagnés d’un hélicoptère qui les filmait en vue d’un documentaire. Pour la protection de l’environnement on peut parler ici de cordonniers mal chaussés ce qui avait nuit à leur crédibilité.

L’autre groupe, qu’on prend beaucoup plus au sérieux, c’est celui de médecins omnipraticiens et spécialiste de la région qui menacent de quitter la Côte-Nord, voire le Québec, si l’exploitation de l’uranium devient une réalité. Qu’on soit en accord ou non avec ce chantage, car s’en est un, il n’empêche que cette fois, le gouvernement et les médias écoutent vraiment. Pourquoi? Parce que c’est un coup d’éclat organisé par un groupe dont l’image publique ne souffre pas de contradictions en matière de protection de l’environnement. Ce sont des médecins qui se préoccupent de la santé de leurs concitoyens et que l’exploitation de l’uranium dans la région inquiète.

Cette démarche met en relief le silence quasi absolu du gouvernement Charest en matière d’exploitation de l’uranium dans un contexte où l’industrie minière souffre déjà d’une image très négative dans l’opinion publique. Le gouvernement ne retire rien de l’exploitation de ses richesses minérales, les exploitants de minent laissent souvent à la charge des Québécois la remise en état des lieux. Ce qui veut dire que les payeurs d’impôts paient pour la décontamination de centaines de sites dans la province. S’il devait arriver la même chose avec un gisement d’uranium, imaginez les coûts humains et financiers.

Le gouvernement n’est pas apte à gérer le merveilleux monde des mines de minerai non radioactifs, imaginez maintenant ce qu’il peut faire avec des gisements radioactifs. On sait aussi que le gouvernement provincial, tout comme le fédéral, défendent envers et contre tous l’exploitation de nos mines d’amiante dans le sud du Québec en affirmant que ce n’est pas dangereux. Cela va à l’encontre de l’opinion scientifique internationale. Si le gouvernement Charest prenait position en disant que l’exploitation d’uranium selon les normes serait sécuritaire, quelle crédibilité aurait-il pour affirmer cela? Aucune. C’est la raison de son silence jusqu’à présent. Seulement, il va devoir parler quand même, dire quelles sont ses intentions et ses objectifs en matière d’exploitation d’uranium. S’il affirme que l’exploitation de ce minerai radioactif est sécuritaire, il devra s’allier à des scientifiques internationaux crédibles pour le faire et ensuite débuter le processus de consultation du BAPE. Dans ce cadre, les intervenants pourront s’exprimer librement.

Avant de penser que l’uranium ne peut apporter que du mauvais, il faudrait pouvoir peser le pour et le contre toute en gardant la tête froide. Or, actuellement, rien de cela ne se passe. On entend que la voix des opposants et on constate le silence navrant du gouvernement.

Pendant ce temps, Terra Venture poursuit des travaux uranifères au lac Kachiwiss à quelques kilomètres au nord de Sept-Îles. Que font-ils, comment le font-ils, y a-t-il un risque reliés à ces travaux?

Si vous vous intéressez à Terra Venture, qui est une compagnie d’exploration basée à Vancouver, vous trouverez ceci : http://www.terrauranium.com/english/default.aspx . Bonne lecture en anglais (ou en allemand mais pas en français). En attendant, au Québec, c’est le silence et l’uranium.

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