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La folie des FrancoFolies

Opinion du citadin

Depuis qu’Alain Simard a annoncé le déplacement des FrancoFolies en juin pour l’édition 2010, on assiste à du déchirage de chemise dans les régions. Là où il y aura le plus de chemises à remplacer, c’est dans la région de la Capitale-Nationale où le maire de Québec, Régis Labeaume, a parti le bal en dénonçant cette annonce. Le coloré élu est d’autant plus choqué, qu’il avait donné son accord pour discuter avec Monsieur Simard, le maire de Montréal et les dirigeants du Festival d’été de Québec sur la possibilité de changer les dates des FrancoFolies. Mais voilà qu’il apprend par les médias que tout s’est décidé sans consultation d’où sa sortie médiatique contre Alain Simard, grand patron de Spectra qui gère les FrancoFolies et le maire de Montréal Gérard Tremblay.

Certains organisateurs d’événements en région vont plus loin en demandant la démission du maire de Montréal : «On a une administration qui a des réflexes mafieux. C'est le mot. Qui prend avec des promoteurs privés des décisions qui ne respectent pas l'intérêt public (...) Au nom de la paix et du dialogue, je demande à Gérald Tremblay de débarrasser la place. Il n'a plus aucune crédibilité pour parler au nom de Montréal, métropole culturelle», a déclaré ce matin à La Presse l'organisateur du festival Présence autochtone, André Dudemaine. Pour M. Dudemaine. Pour lui, le chevauchement des FrancoFolies avec son festival, qui se déroule chaque année du 10 au 21 juin, est une catastrophe.

Du côté du Comité organisateur de la Fête nationale à Montréal, Mario Beaulieu, ce n’est pas la joie non plus. Les FrancoFolies se dérouleront du 9 au 19 juin 2010, juste avant la Fête nationale. Quels seront les impacts de ce changement de date sur la fête du 24 juin, difficile à dire. Mais, cela créé de grandes inquiétudes.

Ce qui choque les organisateurs d’événements estivaux, c’est de ne pas avoir été consulté. «On a appris la décision en même temps que tout le monde! On n'a eu aucune considération pour nous. C'est un échec lamentable au niveau de la concertation des festivals», a dit à La Presse M. Savard directeur général du Comité de la Fête nationale à Montréal.

Quant aux organisateurs du Festival d’été de Québec, qui se déroule en juillet, il serait étonnant qu’ils aient à pâtir de ce déplacement des FrancoFolies. Ceci étant dit, ils estiment que ce déménagement risque de nuire à leur événement. L’avenir dira si leurs craintes sont justifiées, mais ce qui choque le plus, dans leur cas, c’est de ne pas avoir été consulté. Pour eux, il y a risque d’une perte de revenus, de couverture médiatique, etc.

Sam Hamad, ministre responsable de la Capitale-Nationale, a menacé, hier, de couper la compensation de 200 000$ accordé chaque année aux FrancoFolies pour couvrir les pertes que l’événement subirait en étant organisé en août. Josée Verner, ministre conservatrice responsable de la région de Québec, affirme qu’elle appuie le maire Labeaume et le Festival d’été de Québec.

Quoi qu’en disent Alain Simard et Gérard Tremblay, ils semblent politiquement de plus en plus seuls. Peu importe leurs arguments, il y a fort à parier qu’ils ont perdu la bataille médiatique.

Mais d’abord et avant tout, qu’en pensent les Montréalais? Sont-ils heureux que les FrancoFolies déménagent du 9 au 19 juin alors que la majorité d’entre eux ne sont pas en vacances à ce moment-là contrairement au mois d’août?

Au-delà du conflit politique entre la métropole et les régions dans ce dossier, ce sont les Montréalais qui devraient avoir le dernier mot sur le sujet. Veulent-ils les FrancoFolies début juin alors que la température y est plus incertaine qu’en août et qu’ils ne sont pas en vacances à ce moment-là? Je serais très curieux de connaître leur réponse.

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