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Hausse des GES au Québec en 2007

Opinion du citadin

Nous au Québec, et je m’inclus dans le nombre, nous aimons beaucoup nous qualifier d’écologistes. Sauf que nos intentions ne se concrétisent pas en gestes. Nous aimons aussi beaucoup pester contre l’Alberta et ses sables bitumineux. Oui, mais nous, nous avons l’hydroélectricité, les lacs et les rivières qu’il faut pour se permettre d’être condescendant. Si nous n’avions pas cette richesse hydrique, pensez-vous qu’on serait mieux que l’Alberta? Une chose est certaine, malgré nos barrages hydroélectriques et nos éoliennes de plus en plus nombreuses, nos émissions de GES augmentent.

C’est le gouvernement Charest qui l’a annoncé hier en fin de journée. Une augmentation de 3,7% de nos gaz à effet de serre (GES) de 2006 à 2007. Nous sommes de méchants environnementalistes. Méchants au point de faire la leçon aux autres qui devraient faire mieux alors que nous polluons davantage. Quel message envoyons-nous ainsi? Un message qui manque totalement de crédibilité.

La ministre Line Beauchamp a expliqué en entrevue à La Presse qu’en 2007 nous avions connu un hiver froid qui avait obligé Québec à utiliser sa centrale thermique de Bécancour. Cela a poussé les GES vers le haut. L’explication est boiteuse et nous n’avons, collectivement, aucune excuse. Tout d’abord, 2007 ne fut pas si rigoureux que ça, c’est un hiver tout à fait normal. Ensuite, collectivement, nous avons consommé comme des damnés sans compter comme c’est toujours le cas avec l’électricité. Nos maisons sont de plus en plus grosses et contiennent pour la plupart des couples sans enfants ou avec un ou deux bambins à tout prendre. C’est pour ça qu’il a fallu démarrer la grosse génératrice de Bécancour. Mais ce n’est pas tout.

La véritable hausse vient du transport. En 2007 nous avons émis 5,6% plus de GES qu’en 1990, année où les véhicules polluaient davantage. Mme Beauchamp se dit «préoccupée» par la hausse des GES liés au transport. «Voilà d'ailleurs pourquoi on va de l'avant tout de suite avec les normes d'efficacité énergétique des automobiles (critiquées lundi par Ottawa)», a ajouté la ministre au journaliste de La Presse. Le nombre de véhicule augmente, il y a plus de VUS qu’en 1990 même si on constate une baisse de ces véhicules depuis deux ans dans les ventes de neuf.

Les mouvements écologistes sont plus pessimistes et diffusent des chiffres qui, à mon sens reflètent plus la réalité. Équiterre et l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) affirme que les GES issus du transport ont augmenté de 29,3% entre 1990 et 2007. Souvenez-vous nos routes en 1990 outre les barricades sur le pont Mercier et les routes à Oka. Moins de trafic, plus de petits véhicules. Même les Corolla et Camry de Toyota étaient d’une taille plus petite qu’aujourd’hui. Tout est plus gros aujourd’hui. On gagne du côté performance en économie sur les moteurs, mais on exige d’eux qu’ils tractent des véhicules plus gros et plus lourds. Les efforts s’annulent.

Les embouteillages sont de plus en plus compacts et de longue durée. Le covoiturage, les Québécois ne connaissent pas. Le transport en commun : pas fiable et souvent en grève. Alors on conduit nos gros et petits VUS tout seul. Nous n’atteindront pas, avec les données 2008, la cible de Kyoto qui exige 6% de moins que le taux de 1990 selon André Bélisle de l’AQLPA.

Il ne faut pas se décourager et garder à l’esprit que le 6% de moins que le taux de 1990 est atteignable en 2012 et que nos objectifs pour 2020 sont réalisables (20% de moins e GES qu’en 1990).

Ce sont des objectifs réalistes (nous devrions faire beaucoup plus collectivement et nous devrions même avoir atteint déjà ces objectifs qu’on se fixe pour 2020). Cessons de donner des leçons aux autres et agissons. Nos gestes correspondront alors à nos intentions et là, et seulement là, nous pourrons faire la leçon en espérant qu’un jour cela fasse un effet boule de neige. Il faut commencer par se changer soi même avant de songer à changer les autres.

Les chiffres publiés hier nous rappellent cruellement que nous ne sommes pas très prompts à changer nos habitudes de vie. C’est une belle leçon d’humilité que nous donnent ces chiffres.

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