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Enveloppe brune refusée, c’est grave mais pas illégal, selon Serge Ménard

Opinion

Serge Ménard, député du Bloc québécois

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Serge Ménard, ancien ministre de la Sécurité publique du québec et maintenant député du Bloc québécois, a comparu volontairement devants ses pairs du parlement réunis en comité, pour expliquer son silence de 17 ans au sujet d’une enveloppe d’argent comptant qu’aurait tenté de lui remettre le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, en 1993.

C’était alors en pleine campagne électorale, le candidat novice et ministrable Serge Menard a refusé l’argent comptant offert par le maire. «Je suis convaincu qu'il n'y a pas eu de crime, a expliqué M. Ménard devant le comité de l'éthique de la Chambre des communes. Je n'étais pas élu et il ne me demandait rien en retour.» dont les propos sont rapportés par Malorie Beauchemin sur Cyberpresse. Monsieur Ménard se défend ainsi contre des députés conservateurs qui estiment qu’il a fait une faute de jugement en gardant le silence sur cet événement durant 17 ans. «Je pense encore que c'était la meilleure façon d'agir, insiste Serge Ménard. Je n'avais aucune preuve indépendante. Dès le moment de l'événement, j'ai compris que ce serait ma parole contre la sienne et qu'il n'y aurait pas d'accusation.»

Les subtilités des lois électorales sont ainsi faites pour Serge Ménard, le Code criminel au fédéral prévoit que tenter de commettre un crime constitue une infraction mais que ce n’est pas le cas dans la loi provinciale. «En refusant l'argent, il n'y avait pas d'infraction, a estimé M. Ménard, qui connaît bien les lois puisqu’il est criminaliste de formation. La police n'est pas là pour donner des certificats de bonne conduite.» Steven Blaney a alors posé la question à Serge Ménard à savoir s’il était complice du «cancer» de la corruption au Québec en ayant ainsi gardé le silence si longtemps. Le député conservateur a même demandé au député bloquiste pourquoi il avait déjà vanté la compétence de Monsieur Vaillancourt dans des lettres officielles de son ministère d’alors. Ce à quoi monsieur Ménard a reconnu avoir à maintes fois vanté la compétence du maire Vaillancourt, mais jamais une seule fois, et sur ce point il a lancé le défi à ses collègues conservateurs de trouver un seul document officiel venant de lui où l’on parle de l’honnêteté du maire.

Du côté libéral, représenté par Denis Coderre, on juge l’exercice inutile et on est satisfait des explications de Serge Ménard. Du côté du NPD, Bill Siskay n’a pas posé de question et qu’on respecte le député bloquiste. Seul le conservateur Steven Blaney est resté sur sa faim en disant que toute cette histoire est fort troublante. «Il y a présentement au Québec beaucoup de scandales, beaucoup d'allégations. Je pense que les gens en ont ras le bol. Quand allons-nous mettre fin à la loi du silence?» s’est-il questionné.

Rappelons aussi que le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, a mis en demeure Serge Ménard pour ses allégations de tentative de corruption, mais que ce dernier refuse de le faire jusqu’à présent. Avant de quitter le lieu de comparution, Serge Ménard a fait une mise en garde à ses collègues des autres partis politiques : le traitement qu’il subit, surtout de ses collègues conservateurs, n’est certainement pas un incitatif pour dénoncer des faits jugés très graves bien que pas illégaux. Pourquoi dénoncer de graves manquements à l’éthique si c’est pour être sommé de comparaître et subir un interrogatoire déplaisant.

Une enveloppe brune refusée, c’est grave mais pas illégal si je comprends bien. Je ne suis pas juriste, mais je comprends fort bien l’analyse de Serge Ménard. Il est certain qu’une tentative de corruption, si tentative il y a eu, auprès d’un candidat ministrable lors d’une élection, criminaliste de surcroît, ne s’est certainement pas faite devant des témoins.

Steven Blaney aura beau douter du jugement de Serge Ménard, voir déchirer sa chemise, ce que je me pose comme question c’est pourquoi Serge Ménard sort l’histoire 17 ans après? Le journaliste de Radio-Canada a qui il a fait ces révélations l’a poussé dans ses derniers retranchements et sans cela l’histoire aurait demeurée caché. Les journalistes permettent de mieux connaître les dessous peu reluisants de la politique. On s’aperçoit qu’au Québec, la politique, ce n’est pas très beau. Est-ce mieux ailleurs au Canada? Pas certain. Est-ce par ce que la corruption demeure mieux cachée ou qu’il y en a moins ailleurs? Difficile à dire.

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