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Élections municipales: Voter ou ne pas voter... telle est la question

J’aimerais aborder un sujet d’actualité vous touchant : les élections municipales. Quelques-uns s’en intéressent grandement, certains en effleurent le sujet tandis que d’autres les oublient totalement. Nous pouvons observer à travers le Québec une tendance. Soit une régression du taux de votation lors des élections municipales. En effet, lors des élections du 6 novembre 2005, le taux de participation fut de 45 %, comparativement à 50 % en 2001. Vous me direz que 45 % est un pourcentage plus que raisonnable. Peut-être mais dites-vous que plus de la moitié de la population, soit 55 %, n’est pas allée voter. Mais pourquoi donc cette diminution? Voyons ensemble quelques possibilités.

En premier lieu, l’élection sans opposition. Saviez-vous que sur 1 099 postes de Maire à pourvoir en 2005, 495 furent élus lors du scrutin et sur 6 963 postes de conseiller à combler, 2 662 ont été élus par la population. C’est donc dire que 604 maires et 4 301 conseillers ont été élus, faute d’opposition. Il ne faut surtout pas penser qu’une élection par acclamation n’est que néfaste. Ceci peut seulement vouloir dire que de par leur objectivité, les prétendants à la mairie ne voient tout simplement pas de quelle façon ils pourraient déclasser ou limoger les élus en place.

En deuxième lieu, les enjeux et les préoccupations d’une municipalité ne touchent pas nécessairement la majorité de la population. Les décisions des élus ne sont pas aussi ostensibles et médiatisées que celles prises par le gouvernement provincial ou fédéral. Tout se joue au Conseil municipal. Qui peut prétendre tout connaître ce qui se trame dans sa municipalité? Qui assiste à toutes les séances du Conseil municipal? Est-ce un manque d’intérêt? Autant de questions pouvant être débattues.

En troisième lieu, en complément au paragraphe précédent, on peut se demander si la population est bien informée sur ce qui se déroule dans leur ville ou leur village. Plusieurs d’entre vous savent probablement le nom de votre maire ou votre mairesse. Mais qu’en est-il de leurs opposants et de leur vision? Vous avez sûrement aperçu du coin de l’œil des pancartes électorales avec le numéro du district, certains articles dans vos journaux respectifs et, à la limite, discutés avec certains d’entre eux. Outre Montréal, il est assez rare d’entendre parler quotidiennement d’élections municipales. Pour ces raisons, il n’est pas étonnant que celles-ci soient moins attrayantes et prééminentes que d’autres.

Finalement, l’intérêt général de la population est décroissant face aux élections et plus particulièrement par rapport aux politiciens. Peu de gens peuvent nier que, depuis quelques années, on retrouve un désintéressement moribond face à la politique mais surtout un cynisme sarcastique face aux politiciens. Certes, vous me direz que la politique municipale n’est pas comparable à la politique provinciale. Il n’en reste pas moins qu’il y a un ras-le-bol général, peu importe le palier de gouvernance. Pourtant, les élections sont faites pour exprimer votre satisfaction ou votre insatisfaction, vos mécontentements mais surtout votre opinion. Un vote gagnant, perdant ou annulé reste tout de même un vote, peu importe vos convictions politiques.

Nonobstant tout ce qui a été mentionné précédemment, comme le disait un certain maire Montréalais : la population s’intéresse à la politique municipale qu’une fois tous les quatre ans.

Alors, irez-vous voter?

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