La Vie rurale / Opinions / Décompte final pour l'ADQ?

Décompte final pour l'ADQ?

L’Action démocratique du Québec (ADQ) se trouve en ce moment même sous respirateur artificiel et il s’en faudrait de peu avant que quelqu’un ne tire la plug. Course à la chefferie truffée d’irrégularités, démissions en règle, accusation de part et d’autre, financement illégal, chef en perdition. Voilà en quelques mots la situation actuelle décrivant l’état moribond de ce parti politique en pleine chute vertigineuse.

Rappelons que ce parti autonomiste de centre-droit est passé, à quelques députés près, de prendre les rênes de la province un certain 26 mars 2007. La conjoncture politique a fait en sorte que Mario Dumont et son équipe ont réussi à se faufiler entre les mailles pour devenir l’Opposition officielle. De puis ce temps, un tsunami d’eau a coulé sous les ponts. Tsunami qui, de facto, a fait d’incroyables ravages. Dumont n’a pas su bien jouer ses cartes alors qu’il était dans l’Opposition officielle. A-t-il été mal conseillé? Voulait-il faire à sa tête et être le centre d’intérêt? Est-ce que ses députés étaient terrés dans le mutisme? Probablement un mélange de tous ces éléments. Un fait demeure, il n’a pas su prouver aux électeurs que lui et son équipe avaient les compétences, le potentiel et le professionnalisme pour gouverner la province.

Tout le monde s’entendait pour dire que l’ADQ c’était Mario Dumont et que Mario Dumont était l’ADQ. Il faut prendre cette affirmation avec parcimonie. Bien entendu, celui-ci a quitté le navire en pleine submersion le 8 décembre 2008, soit lors des dernières élections. Lors de cette soirée, 7 députés avaient été élus, comparativement à 41 en 2007. Et aujourd’hui, on ne retrouve que 4 députés adéquistes; Éric Caire et Marc Picard étant devenus indépendants. Avec ou sans Mario Dumont, l’ADQ se retrouverait sensiblement dans la situation que l’on voit actuellement. La sympathie de la population s’est volatilisée aux dernières élections, tout simplement. Les idées de l’Action démocratique restent d’actualité et touchent la population. Le problème est que les 41 députés n’ont pas su les appliquer et les défendre à l’Assemblée nationale.

Il est évident que le Taillongate n’a aidé en rien l’Action démocratique du Québec à retrouver ses lettres de noblesse. Bien au contraire, il s’agit seulement d’un processus accéléré du démantèlement de ce parti. Surtout que l’unité de l’ex-parti à Mario Dumont ne tient à presque rien. Gilles Taillon est en train de régler ses comptes sur la place publique tout en causant d’énormes ravages avec ses déclarations incendiaires. Mario Dumont condamne les gestes de Taillon de même qu’Éric Caire, et ce, même après avoir claqué la porte de l’ADQ. Rien de bien rassurant pour ce parti qui tente de se renouveler.

Je ne vois pas comment l’ADQ pourra se relever de tous ces déboires; même avec un nouveau chef, aussi charismatique et crédible soit-il, c’est la mort annoncé pour ce tiers parti. Même Stéphane Gendron ne pourrait parvenir à le redresser. Premièrement, les militants le quittent un à un. Deuxièmement, les caisses du parti sont à sec. Troisièmement, la population ne croit plus en leur nécessité à l’Assemblée. Quatrièmement, plus personne ne veut s’associer à ce parti. Nul ne sait de quelle façon l’ADQ réussira à renverser la vapeur.

Malgré tout ceci, l’ADQ a su donner, jadis, à la population, une voix distincte de celle du Parti Québécois et du Parti Libéral du Québec. Son apogée est survenu lors de la question sur les accommodements raisonnables. La franchise et la vision nouvelle de Dumont ont fait en sorte que les Québécois ont pu se reconnaître à travers son discours. Malheureusement, cet épisode pithiatisme n’a duré que le temps d’une chanson.

Est-ce que dans un avenir rapproché, le système politique québécois se verra confronté au bipartisme élargi? Les mois à venir nous le diront mais parions que personne ne se bousculera aux portes pour acheter leur carte de membre.

Commentaires