La Vie rurale / Articles / Saguenay-Lac St-Jean / Un conflit entre syndicats provoque la fermeture du chantier Péribonka-4

Un conflit entre syndicats provoque la fermeture du chantier Péribonka-4

Saguenay-Lac-Saint-Jean

Une fermeture de chantier ou d'usine est souvent provoquée par une grève ou un lock out lors d'un conflit de travail. Mais qu'un chantier ferme à cause d'une guerre entre syndicats, c'est plus rare. Hydro-Québec a pris la décision de fermer le chantier Péribonka 4 au Saguenay-Lac-Saint-Jean en raison d'une guerre de coulisse de plus en plus visible entre la CSN et la FTQ. La culture syndicale de ces grandes centrales est de plus en plus néfaste pour l'économie du Québec est les travailleurs eux-mêmes. Un examen de conscience s'imposerait.

Dans le cas présent, il s'agit d'une guerre entre les 950 syndiqués de plusieurs centrales syndicales à propos des négociations qui se déroulent dans l'industrie de la construction. Pour la première fois en trente ans, ces négociations sont menées par la CSN qui a formé une coalition avec la CSD pour y parvenir. Leur vis-à-vis patronal est le Conseil provincial des métiers de la construction.

Du côté de la CSN, on jette le blâme sur la FTQ. Le conseiller de la CSN Construction, Jean-François Truchon a affirmé à Radio Canada à propos de ce qui se passe sur le chantier Péribonka 4 : « Sur le chantier actuellement, la FTQ diffuse de fausses informations à propos de ce qui se passe en négociation, de ce qu'on a négocié. Il y a même eu des posters explicites qui ont été affichés sur le chantier. On a pris tous les moyens pour empêcher que la fermeture du chantier arrive, mais je vous dirais que c'est Hydro-Québec qui ont pas mis leurs culottes ». Bien entendu, la CSN n'a rien à se reprocher, c'est toujours la faute des autres, la FTQ mais encore plus les patrons.

La FTQ de son côté affirme n'y être pour rien dans ces tensions avec les autres centrales syndicales sur le chantier. Encore là, c'est certainement la faute au patron Hydro-Québec. Daniel Girard, représentant de la FTQ, a affirmé à Radio-Canada que la centrale syndicale n'avait fait qu'installer des pancartes qui dénoncent quelques clauses de l'entente de principe conclue. Monsieur Girard affirme que la FTQ a la légitimité d'expliquer aux travailleurs qu'ils ont mal négocié leur prochain contrat de travail.

Hydro-Québec, qui est accusée de tous les maux par ces grands syndicats, craint le chaos et a fermé le chantier sans donner quelque commentaire que ce soit jusqu'à présent.

Appelons ça un lock out par défaut. Hydro-Québec ferme un chantier en attendant que la guerre soit finie entre deux syndicats qui se battent pour avoir le plus de membres et ainsi être le vis-à-vis officiel avec le patron. Les grands perdants dans tout ça, ce sont les travailleurs.

Commentaires