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Des Québécois en faveur d’une mine d’uranium

Saguenay-Lac-Saint-Jean

On se souvient que le projet d’une mine d’uranium près de Sept-Îles avait soulevé la colère des citoyens. Ce n’est pas le cas pour un projet d’exploitation d’un gisement d’uranium à 250 kilomètres au nord de Chibougameau par la société minière Strateco.

Le conseiller municipal de Chibougameau, Réjean Gigard, affirme qu’il y a des raisons à cela :

- La Conférence régionale des élus est impliquée dans le projet et a organisé une série de conférence de vulgarisation;

- Énergie atomique du Canada a rencontré les citoyens;

- Des chefs autochtones de la Saskatchewan sont venus rencontrer les citoyens pour leur expliquer comment ils concilient exploitation d’un gisement d’uranium et vie communautaire.

- La minière Strateco tient la population informée des nouveaux développements comme son forage exploratoire sur son site des Monts Otis.

« C'est évident que quand on ne veut pas dévoiler des éléments d'information, ça peut paraître un peu louche. Ce qui n'est pas le cas de Strateco. Et ça évidemment, c'est mettre toutes les chances de leur côté. S'il y a un conseil à donner à tous les promoteurs, c'est d'ouvrir le jeu et de montrer tous les tenants et les aboutissants du projet », affirme M. Girard à Radio-Canada.

Strateco, dont les bureaux sont situés à Boucherville en Montérégie, a été dans l’obligation de s’entendre au préalable avec les Cris comme l’oblige la Convention de la Baie-James.

Il est bien entendu qu’un mouvement d’opposition peut voir le jour à tout moment, mais si tel devait être le cas, le conseiller municipal demeure convaincu que cela va se faire dans le calme.

La phase exploratoire du projet doit durer deux ans. D’ici là, comme on dit, il va couler beaucoup d’eau sous les ponts.

Commentaires

Lettre d'appui aux gens de Sept-Iles

LETTRE D'APPUI POUR LA POPULATION ET LES MÉDECINS DE SEPT-ÎLES
Nos confrères ont raison d’attirer l’attention des autorités sur les dangers d’une telle
exploitation minière. En effet toute exploitation minière comporte des risques professionnels
et environnementaux. Mais les risques d’une mine d’uranium et de ses rejets sont
beaucoup plus importants du fait de la radioactivité de ces résidus. En effet l’uranium 235
se transforme en plusieurs produits radioactifs secondaires dont le radon et les différents
isotopes du polonium dont le polonium 210 qui a fait l’objet en 2006 d’une
communication médiatique retentissante suite au décès de l’espion russe Alexandre
Litvinenko après l’ingestion de quelques microgrammes de ce produit.
Le radon est bien connu pour les cancers du poumon occasionnés d'abord chez les
mineurs de mine d’uranium puis au sein de la population exposée. Il s’agit d’un gaz
hautement radioactif plus lourd que l’air, mais qui peut se propager sur de longues
distances. Présentement, un ambitieux programme de santé publique est en voie d'être
déployé sur l'ensemble du territoire québécois afin de juguler cette menace à la santé de la
population. C'est ainsi que des sommes énormes devront être investies afin d'évacuer tant
bien que mal ce produit de nos résidences et de nos institutions. Il apparaît donc insensé
d'ouvrir les vannes du déversement de ce produit d'une part et de tenter de le récupérer
en aval. Par ailleurs, il arrive que le radon se transforme en produits secondaires dont le
polonium 210 qui est un des produits les plus toxiques dû à la haute radioactivité émise
dans un court laps de temps. Il y a quelques années les scientifiques ont décrit dans le
Nord de la Saskatchewan une contamination du lichen par du polonium 210 consommé
par le caribou rendant la viande de l’animal impropre à une consommation prolongée.
Tel que mentionné dans la lettre des docteurs Gingras et Imbeault, les risques
environnementaux sont importants de par la contamination de l’air, de l’eau par lixiviation et
des sols avoisinants, de la difficulté de se débarrasser des scories, du danger radioactif qui
perdurera pendant des milliers années. De plus, plusieurs déversements accidentels dans
des lacs notamment en Saskatchewan sont venus assombrir le passé citoyen de cette
industrie. Aux États-Unis dans les états du Nouveau-Mexique et du Colorado, plusieurs
sites désaffectés et contaminés sont maintenant à la charge de l’État Fédéral. En outre, la
laxité de l'état québécois, avide de capitaux, ainsi que l'incurie des sociétés minières à
l'égard des déchets sont de notoriété publique.
Enfin, nos collègues dressent bien le questionnement et la problématique à savoir à quoi
serviront ces futures mines d’uranium? Évidemment à la filière nucléaire. Or cette dernière
nous dirige vers des centrales nucléaires, et possiblement en bout de ligne à l’armement
nucléaire. Nos collègues ont raison de s’interroger sur le bien-fondé de l’emprunt d’une
telle voie que veut nous faire emprunter les consortiums de l’industrie nucléaire sous le
prétexte que celle-ci est peu génératrice de gaz à effet de serre (GES) . En fait lorsque le
cycle de vie complet (comprenant entre autres le transport des matières extraites des
mines) de cette industrie est analysé de façon plus détaillée, il est loin d’être certain qu’elle
soit exempte de source de GES. Ce n'est pas une énergie propre, c'est un pis aller, un
dernier recours, presque toutes les sociétés européennes tentent de la bannir.
Enfin en réponse monsieur à monsieur Roy du syndicat des Métallos qui dénonce le geste
des médecins, le travail dans les mines d’uranium est souvent éphémère et très dangereux
comme l’ont démontré de multiples études épidémiologiques en regard du cancer du
poumon. Rappelons à cet effet que l'Association pulmonaire du Québec s'implique
activement dans la prévention du cancer du poumon causé par le radon.
Enfin, nous applaudissons à l’évocation des articles 3 et 40 du code déontologie stipulant
le rôle social du médecin face à un danger menaçant la santé de la collectivité comme
appui moral à leur action.
Tout comme dans le dossier Rabaska, il est dommage que ce soit à nouveau la population
et les médecins qui doivent rappeler à l’ordre le gouvernement parce que la santé publique
est menacée par un projet dont l’utilité n’a pas été démontrée. Heureusement, vous l’avez
fait.
Chers confrères, bravo pour votre victoire et bravo pour votre initiative et celle de la
population de Sept-Îles qui a su se soulever en masse et se donner en exemple plutôt
qu'en sacrifice.

Regroupement des Médecins pour un Environnement Sain :

Pierre L. Auger md, M. SC, FRCPC Médecine du travail
Jacques Levasseur Md Médecin de famille
Lucien Rodrigue, Md Urgentiste
Sylvain Chouinard Md, FRCPC Médecine interne

merci, mais NON merci

Les sept-iliens, sont capable de faire ou de ne pas faire ce qu'ils veulent. Pas besoin des autres en province qui savent a peine mettre sept-iles sur une carte! J'essaye, moi, de comprendre comment est-ce possible que des mineurs canadiens dans les mines d'uranium meurent en series (selon vos dirent) et que nos médias de masse, pro-écolos, n'ent font aucun cas! Ca devrais etre un drame nationale non? De plus les médecins de Sept-Iles sont clairement engager dans un combat au nom de Équiterre. Pour ce qui est de l'impartialité de leur commentaire, on repassera. C'est une HONTE pour la proffesion de les voir signer "MD"!

J'ai lu et regarder la demande de moratoire qui ressemblait a un scénario de film d'horreure de série B! En plus des propos mensongers, des images "photoshoper" de mines d'amiante d'il ya 50 ans ont été nécéssaire. Pas crédible du tout a mes yeux.

N'oubliez pas que les médecins ont fais leur sorti a la 2 jours avant le début du fameux sondage. Pour flinger la démocratie, on peut pas faire mieux. Les Sept-iliens ont eu peur de perdre leur médecins... pas d'une mine d'uranium que n'existera pas avant au moin 20 ans! Et encore la, faudrais qu'ils en aillent trouvés... Ce qui n'est pas arrivé!