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Le Conseil de presse perd un membre : Quebecor

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Quebecor claque la porte du Conseil de presse du Québec un an après avoir quitté la Presse Canadienne. Le Conseil de Presse du Québec défend le droit à une information de bonne qualité et gère les plaintes du public. Des jugements émis en mai contre Quebecor ont déplu à la direction de l’entreprise.

Rue Frontenac, le journal des lock-outés du Journal de Montréal, qui appartient à Quebecor, rapporte que ce retrait a créé beaucoup d’émoi. Le président de Quebecor, Pier Karl Péladeau, aurait envoyé aux membres du conseil d’administration du Conseil de Presse du Québec, son désir de quitter l’organisme à 48h d’avis. Cela n’est pas sans créer une certaine commotion dans le milieu journalistique. Une des causes de ce départ serait le nombre de plaintes de citoyens en augmentation depuis quelques années contre des médias de Quebecor. En a-t-on assez d’en découdre? Quoi qu’il en soit c’est bel et bien une rupture entre Quebecor et le Conseil de presse du Québec qui perd aussi la contribution financière de 50 000$ que lui donnait l’empire médiatique. «Au cours des dernières années, notre insatisfaction s’est accumulée. Notre tolérance a atteint ses limites lors des décisions rendues publiques par le Conseil de presse depuis le début du mois de mai dernier impliquant [nos] journaux. Celles-ci ont confirmé la faiblesse des motifs justifiant les décisions, leur caractère arbitraire et leur absence de rigueur», a écrit le vice-président, journaux régionaux de la Corporation Sun Media, Charles Michaud, au secrétaire du Conseil de Presse du Québec.

Le divorce est tel, que Monsieur Michaud en rajoute dans sa lettre : «Nous ne reconnaîtrons plus aucune juridiction du Conseil de presse pour traiter de nouvelles plaintes. Dans le cas où le Conseil traiterait néanmoins de telles plaintes contrairement à notre opposition, soyez avisé que les journaux de Quebecor le tiendront responsable de tous dommages et préjudices subis par ceux-ci».

C’est le juge à la retraite, John Gomery, qui préside le Conseil de presse du Québec. Ce dernier aurait convoqué une réunion à ce sujet mardi prochain. D’ici là, pas de commentaire. John Gomery devait rencontrer Pierre Karl Péladeau le 1er juillet, mais ce dernier ne serait pas disponible avant le 15 juillet. Quoi qu’il en soit, le Conseil de Presse du Québec pourrait décider de refuser le départ de Quebecor car son règlement stipule qu’un membre qui désire se retirer doit le faire avec un an de préavis. Quebecor a donné un avis de départ de 48 heures. Ce départ concernerait tous les médias relevant de Quebecor dont tous les journaux régionaux.

Le dossier sera suivi de près par les lock-outés du Journal de Montréal tout comme le reste de la planète média. C’est la crédibilité du Conseil de Presse du Québec qui est ici mise en doute par Quebecor, à tort ou à raison. Dans un divorce, les torts sont souvent des deux bords. Lorsqu’un où l’autre des divorcés rejette tout le blâme sur l’autre, il y a problème et cela prend l’intervention d’un médiateur pour le bien des enfants et de la succession. Dans le cas présent, qui fera le médiateur pour veiller aux intérêts des journaux et des lecteurs?

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