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Oiseaux morts par milliers à cause des gaz de schiste?

Oiseaux morts par milliers à cause des gaz de schiste?

Puits de gaz de schiste

Source image prise sur Wikipedia :

Ruhrfisch (talk)

Vous vous souvenez des pluies d’oiseaux morts au début 2011 dont nous avions fait état sur ce site? http://www.la-vie-rurale.ca/contenu/24691 Mais tous se perdent en hypothèses depuis. On peut même dire que le phénomène est tombé dans l’oubli, l’actualité politique et économique reprenant ses droits après la période creuse des festivités de fin d’année. Or, voilà que Rue89 ressort le sujet avec un dossier étoffé. Rue89 a interrogé André Picot directeur de recherche honoraire du CNRS, créateur de l’unité de prévention du risque chimique et président de l’Association Toxicologie-Chimie (ATC) et ce dernier a une explication bien étayée.

Ce chimiste et toxicologue suggère une explication plausible, selon lui, à la mort de milliers d’oiseaux au début 2011 en Arkansas. La cause de ces morts animales : les gaz de schiste. Pour en arriver à cette explication, le scientifique se base sur des analyses faites durant un mois via des sources officielles américaines et canadiennes, bref, à des endroits où les gaz des schistes sont exploités depuis près de cinq ans.

Son rapport http://asset.rue89.com/files/BILAN_TOXICOLOGIE__CHIMIE_GAZ_DE_SCHISTE.pdf fait état de plusieurs événements causants la morts d’animaux. Chacun des ces événements mettrait en cause un composé chimique issu de la fracturation. À propos des pluies d’oiseaux morts du début 2011 : « Une émanation d’hydrogène sulfuré pourrait très bien avoir causé la mort massive d’oiseaux en Arkansas en janvier dernier. Rappelons que ce gaz nauséabond tue plus rapidement que le monoxyde de carbone et qu'il est en plus doté d'un effet anesthésiant puissant sur le nerf olfactif» dit le rapport dans cet extrait publié par Rue89.

André Picot s’inquiète pour les populations installées autour des puits de forages de gaz de schiste. Voici pourquoi en quelques points :

- L’énorme quantité d’eau utilisée pour l’hydro-fracturation pourrait assécher les nappes phréatiques.

- Risque de pollution des nappes phréatiques ou ce qu’il en restera.

- Risque d’évaporation de produits dangereux. Le 20% d’eau qui ressort après le processus de fracturation est placé en bassin de décantation. Des produits comme le benzène s’y évaporent. Cela peut causer des intoxications possibles à court terme et des cancers à long terme dans une perspective allant jusqu’à 25 ans. Certains produits ne sont pas dangereux lors de l’utilisation, mais à long terme, ils peuvent devenir mutagènes et cancérogènes.

« La fracturation hydraulique est “un ‘réacteur chimique’ extraordinaire : on est face à un circuit fermé, situé à environ 2000 mètres sous le sol, chauffé et sous pression. Ce type de réactions chimiques je ne l'ai vue qu'en laboratoire, mais pas à cette échelle.” A-t-il dit à Rue89.

En terminant, sachez qu’on parle ici de l’hypothèse d’André Picot ici et non d’une preuve irréfutable. Ceci étant dit, c’est à partir d’hypothèses qu’on en arrive, à un moment donné, à des certitudes. L’hypothèse d’André Picot a en tout cas le mérite d’être assez bien étayée et dénonce le fait que l’industrie, sous prétexte de secret industriel, refuse de publier sa recette chimique servant à la fracturation.

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