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Gaz de schiste : Québec tente de calmer le jeu

Opinion du citadin

Dans la vallée du Saint-Laurent, il y a, dans la roche de schiste du sous-sol, du gaz naturel. Son exploitation est controversée car il est difficile de l’extraire sans faire quelque dégât à l’environnement. Pour calmer le jeu, Québec a lancé une consultation publique. Les opposants à cette exploitation n’en démordent toutefois pas et exigent un moratoire tant qu’on ne connaîtra pas les impacts possibles sur la santé humaine et l’environnement. Autrement dit, un moratoire permanent.

Au Québec, nous avons une instance lénifiante qui est le Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) qui a pour mandat d’écouter les citoyens, municipalités et organisations. Règle générale, c’est une perte de temps que d’aller là puisque la plupart des projets soumis passent la rampe : Rabaska, le déplacement de Malartic (http://www.la-vie-rurale.ca/contenu/21424 ), etc. Certains projets peuvent être modifiés mais habituellement ils passent la rampe sans problème.

 

L’exploitation du gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent il y aura. Le BAPE va donc organiser des consultations cet automne dans les régions de Chaudière-Appalaches, du Centre-du-Québec et de la Montérégie. Un rapport sera par la suite rédigé et déposé au gouvernement le 4 février 2011. C’est sur ces recommandations que le gouvernement Charest élaborera une Loi sur les hydrocarbures. Cette loi, va réglementer l’industrie québécoise du gaz naturel. Loi qui va permettre, vous l’aurez noté, d’exploiter le gaz naturel dans le sous-sol. Avant même la moindre conclusion, sachez qu’il y aura une loi, pas un moratoire.

 

La vice première ministre Nathalie Normandeau était donc présente lors d’une conférence de presse à Saint-Bruno-de Montarville dimanche pour annoncer les intentions du gouvernement à cet égard : «Nous avons une formidable opportunité, celle d’exploiter du gaz naturel 100 % québécois. (…) Notre gouvernement fait le choix de créer des emplois ici». Si vous pensiez que les consultations du BAPE vont stopper une telle volonté, détrompez-vous. Des enjeux politiques et économiques sont en jeu. La vice première ministre du Québec est venue ne personne affirmer la volonté de son gouvernement d’exploiter les ressources de notre sous-sol.

 

C’est une mauvaise nouvelle pour les opposants à ce type d’exploitation au Québec, mais collectivement est-ce une mauvaise nouvelle? Pas sûr. Les Québécois importent annuellement 2 milliards de dollars en gaz naturel en provenance de l’Alberta surtout.

 

Aux opposants (environ 50) qui s’étaient déplacés pour affirmer leur mécontentement, la vice première ministre a rétorqué : «Deux cents millions de dollars ont été investis pour l’exploration depuis 2007. On entrevoit qu’un milliard de dollars par année pourraient être investis au Québec pour l’exploitation».

 

On oublie donc le moratoire sur l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste durant l’attente du dépôt du rapport du BAPE. Toutefois, a ajouté le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, l’exploitation commerciale du gaz est interdite d’ici 2014, année où un cadre réglementaire doit voir le jour.

 

Le gaz de schiste étant carrément démonisé en cette ère de changement climatique, un site Internet du gouvernement sera mis en ligne afin de faire avaler la pilule aux citoyens.

 

Mobilisation Gaz de Schiste, un regroupement de citoyens dont un certain Pierre Batellier serait le porte-parole, a affirmé au réseau Canoë qu’un moratoire immédiat doit être déclaré. Du même souffle, il ne croit pas que les audiences du BAPE vont aboutir à un moratoire. «Il n’y a pas de définition claire qui explique où commence et où finit l’exploitation», s’est-il plaint, en regrettant que ses concitoyens soit placés devant un fait accompli. Sur ce point, il n’a pas tort. Un projet de loi sur l’exploitation des hydrocarbures va être déposé à l’Assemblée nationale au printemps 2011. Le rapport du BAPE sera déposé le 4 février 2011. Ça laisse peu de temps pour rédiger la loi. Gageons que des pans complets du texte seront déjà écrits avant le dépôt du BAPE.

 

André Caillé, ancien président d’Hydro-Québec et maintenant président de l’Association pétrolière et gazière du Québec, va tout faire pour tenter de se rallier l’opinion publique. Les enjeux sont importants : indépendance énergétique et création de 7500 emplois possibles au courant des quinze prochaines années.

 

Le dossier est à suivre. Personnellement, je n’ai rien contre cette exploitation. Je préfère consommer du gaz naturel du Québec plutôt que du gaz naturel de l’Alberta. Ceci étant dit, je ne suis pas prêt à sacrifier notre environnement et la santé de mes concitoyens dans l’aventure. J’ose espérer que le BAPE est un organisme un peu plus sérieux que l’image qu’il projette, ce dont je n’ai pas de raison de douter, et qu’il saura nous assurer une exploitation sécuritaire et responsable du gaz de schiste.

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