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Plan Nord sur toile de crise sociale au Nunavik

Nord-du-Québec

Luc Ferland

Luc Ferland, député d'Ungava

Source image : http://www.assnat.qc.ca

Le Parti Québécois (PQ) a émis un communiqué aujourd’hui pour critiquer l’inaction du gouvernement Charest à propos du Plan Nord depuis deux ans. Alexandre Cloutier, député du Lac-Saint-Jean et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’affaires autochtones, et Luc Ferland, député d’Ungava et porte-parole en matière de développement du Nord, estiment que le gouvernement en plus de ne rien faire laisse se détériorer la crise sociale qui secoue le Nunavik.

« Le premier ministre Charest était fier de dire dans son discours inaugural qu'en moins de 100 ans, l'espérance de vie à la naissance s'est accrue de plus de 30 ans au Québec. Or, seulement depuis 1991, l'espérance de vie a baissé de 66,5 à 62,8 ans au Nunavik, soit 17 ans de moins que l'espérance de vie de tout le Québec. Les problèmes sociaux sont nombreux au Nunavik et le Plan Nord, qui n'existe toujours pas, est déjà compromis si le gouvernement ne règle pas ces problèmes criants », a déclaré Alexandre Cloutier qui rapporte aussi des propos inquiétants du président de la société Makivik, Pita Aatami : « Quebec must address our reality in their Plan Nord before even thinking of any development on our territory ».

Le coût de la vie qui explose et la crise du logement sont des problèmes à résoudre faute de quoi les Inuits risquent de laisser tomber le Plan Nord. C’est le manque de logement qui est le pire problème. « L'annonce de 300 logements n'a rien donné parce que le gouvernement a tardé et la situation s'est envenimée. Il manque 1000 logements sociaux au Nunavik pour combler le déficit actuel, sans tenir compte des besoins futurs. Actuellement, 3289 familles vivent dans 2294 unités de logements sociaux. Près de la moitié des logements sociaux abritent plus d'une famille, ce qui signifie que trop souvent, on retrouve de 12 à 15 personnes dans un même logement. C'est inadmissible », a pesté M. Cloutier. « Ce qui me choque, c'est que le gouvernement du Québec a laissé faire Ottawa sans intervenir. Et comme si ce n'était pas suffisant, le gouvernement Charest tergiverse sur six mesures d'aide qui se terminent le 31 mars prochain. À lui seul, l'abandon du Programme alimentaire pour le Nunavik pourrait faire augmenter de 20 % le coût de plusieurs produits essentiels, tels que le lait, le pain, les couches et le papier hygiénique », a indiqué Luc Ferland.

Le Plan Nord, qui se laisse désirer, doit transformer le Nord du Québec grâce à l’érection de barrages, l’exploitation de mines (quand on sait le laxisme de nos lois à cet égard, ça promet) et au tourisme d’aventure. Pensons-y un instant. À part donner du travail temporairement, un barrage va-t-il changer autre chose que la géographie des lieux? L’exploitation d’une mine va-t-elle rendre les Inuits du Nord prospères? Depuis cent ans, aucune espèce de mine ne semble y être parvenue. Et le tourisme d’aventures? Parlons plutôt de tourisme de luxe pour des gens qui ne sont pas trop regardant sur le rapport qualité-prix. Ça coût très cher aller dans le Nord-du-Québec et cette région ne dispose pas de commodités très variées.

Il y a donc crise sociale au Nunavik, le Plan Nord doit aider le Québec à se développer et à prospérer. Il est à souhaiter que les Inuits seront les premiers à en bénéficier. Mais, pour cela, plusieurs lois sont à changer, dont celle sur les Mines. Le Nord-du-Québec est le dépotoir des anciennes mines abandonnées par des minières peu scrupuleuses de l’environnement. Le Plan Nord a besoin d’être novateur, porteur d’espoir et précis quant aux mesures à adopter pour, rendre les Inuits et les Québécois riches, mais à commencer à dénouer la crise sociale dans cette région. Ça serait déjà un très bon début.

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