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Tragédie sur le fleuve à Rimouski

Bas-Saint-Laurent

C’était écrit dans le ciel, traverser sur les glaces du fleuve St-Laurent à la hauteur de Rimouski ne pouvait, un jour où l’autre, que se terminer tragiquement. Là bas, le fleuve c’est la mer, les courants sont forts et une balade sur les glaces, dans le contexte où nos hivers sont plus doux, devient plus dangereux. Qu’est-ce qui attirent alors les randonneurs à pousser leur chance en avançant vers le large? Deux randonneurs sont morts d’hypothermie en tentant de traverser le fleuve entre Rimouski et l’île de Saint-Barnabé ce vendredi 12 février. Il s’agit d’un trajet de 3 km sur les glaces du fleuve. L’identité des malheureux a été dévoilée : Gisèle Huot 53 ans et Jacques Carrier 54 ans, tous deux de Rimouski.

Une troisième personne plus chanceuse s’en est tirée. Il s’agit de Robert Pelletier, de Rimouski lui aussi. Ce dernier a été secouru par une personne qui faisait du paraski. Les deux autres sont restés plus au large durant 2 heures, accrochés à des blocs de glace.

La tragédie s’est produite vers 15h, alors que les trois personnes, chaussées de raquettes, tentaient de se rendre à l’île Saint-Barnabé. À deux kilomètres au large de Rimouski, la glace a cédée.

«Ces deux décès nous atterrent. Mais on ne peut pas gérer la banquise parce que l'eau est un territoire qui est sous la responsabilité du gouvernement fédéral. Il y a aussi une question de responsabilité individuelle. Mais je vais m'informer si on ne pourrait pas installer à l'entrée un panneau indiquant les dangers à se rendre sur la banquise si la capacité portante de la glace n'est pas suffisante», a déclaré le maire Éric Forest à l’intention du journal Le Soleil. Sincèrement, je ne vois pas pourquoi s’informer du bien fondé de l’installation d’une pancarte. Il semble évident que les glaces sont dangereuses et que, peut-être, bien des gens l’ignorent ou l’oublient. Que la pancarte soit installée, il sera toujours temps d’en discuter après. Pourquoi une telle frilosité à agir? Parfois nos dédales bureaucratiques me laissent pantois. Le maire de Rimouski peut bien installer une pancarte pour la sécurité de ses citoyens, peu importe l’éventuel règlement qu’il enfreindra, s’il en enfreint un, jamais il ne pourra être blâmé, éthiquement parlant, pour cela.

La banquise n’est plus ce qu’elle était. Nous sommes bien dans l’ère des changements climatiques et il devient de plus en plus hasardeux de s’aventurer sur la banquise. Souvenez-vous du tournoi de golf hivernal sur les glaces du fleuve à Rimouski. Cela se déroulait en février, mais Tourisme Rimouski ne l’organise plus à cause de cette banquise devenue instable et dangereuse avec les années, nos hivers étant de moins en moins rigoureux. «Je pense que les gens vont commencer à prendre au sérieux nos commentaires sur ce qui se passe sur la banquise durant nos hivers. La météo change, il y a les effets des marées et les vents cassent la glace», a dit Bertin Santerre, directeur du service de la protection contre les incendies de Rimouski, à l’intention du journal Le Soleil. Il ajoute du même souffle que jamais, en carrière, il n’a fait autant de sauvetages sur la banquise que ces dernières années.

Chaque sortie du service des incendies coûte aux contribuables de Rimouski 2500$. Le coût n’est pas la question, une vie humaine n’a pas de prix. Mais chaque sortie est aussi un risque pour les secouristes… Il va de soi que la situation devient problématique. C’est pourquoi une enquête du coroner à l’issue de laquelle des recommandations seront faites, serait commandée à propos de ces deux décès.

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