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Bye Bye Fête du Canada

Centre-du-Québec

Ottawa a décidé de fermer le bureau de Célébration Canada à Montréal et de couper de 50% le budget alloué à cette fête au Québec. Les réactions ne se sont pas fait attendre. En effet, le comité organisateur de la fête du Canada à Drummondville, présidé par Denis Savoie depuis six ans, a démissionné en bloc dès l’annonce de cette nouvelle. Selon ce dernier, il y aura d’autres villes qui vont laisser tomber la fête du Canada.«Plusieurs autres villes, a-t-il confié à La Tribune, n'organiseront pas non plus leur rassemblement annuel. Sur les 29 municipalités québécoises subventionnées l'an dernier, il en restera peut-être 15 cette année. C'est dommage, c'est décevant, mais nous ne sommes pas intéressés à continuer dans ces nouvelles conditions dictées par le gouvernement conservateur de Stephen Harper.» a-t-il déclaré au journal La Tribune de Sherbrooke.

La question qu’il faut se poser dans cette décision qui déçoit beaucoup de gens impliqués dans l’organisation, c’est l’achalandage à cette fête. Un achalandage qui souffre de la proximité de la fête des Québécois, la Saint-Jean Baptiste, que ces derniers considèrent comme leur fête nationale. La fête du Canada, dans un tel contexte, n’est pas vécue comme une fête nationale, mais comme un congé férié tout simplement ou un temps d’arrêt pour se remettre de la brosse du 24 juin.

Biens des organisations municipales de la Fête du Canada, regroupés sur le site Célafête diront que l’achalandage à la fête était en progression. Là n’est pas la question, on peut être passé de 3000 à 3050 spectateurs versus 50 000 spectateurs pour la Saint-Jean une semaine auparavant, c’est ce type de comparaison qu’il faut faire. Si le bureau de coordination de Montréal est fermé et les budgets coupés de moitié, il y a une seule raison à cela : les Québécois ne participent pas assez à la fête du Canada. Pour donner une idée, les orgaisateurs de Drummondville estiment la participation à la fête du premier juillet à 10 000 personnes. C'est peu pour une fête nationale dans une ville de 70 000 personnes et davantage si on compte la région du Centre-du-Québec, c'est bien pour une fête lors d'un congé férié. Combien doit-on dépenser pour une activité où moins de 10% des gens de la région participent?

Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures et cesser de jeter notre argent par les fenêtres. Nous sommes en crise économique, nous creusons un déficit important tant au Canada qu’au Québec, pourquoi s’entêter à dépenser autant pour une fête qui attire moins que souhaité. Et si des comités organisateurs décident de démissionner en bloc et de priver leur ville d’une Fête du Canada digne de ce nom, et bien soit. Bye!

On peut bien critiquer les Conservateurs, et je suis le premier à le faire, mais force est de reconnaître les bonnes décisions lorsqu’il y en a et celle-ci où l’on coupe les vivres à la Fête du Canada au Québec est pleine de bon sens.

La Fête du Canada dans les autres provinces, c’est comme la Saint-Jean au Québec. C’est la fête nationale. Les Québécois ont leur fête nationale le 24 juin. Société distincte. Lorsqu’arrive le 1er juillet, le party a déjà eu lieu.

Je peux me tromper, mais je doute que les citoyens de Drummondville descendent en masse dans la rue pour manifester leur appui au comité démissionnaire de la Fête du Canada dans leur ville. Je peux me tromper remarquez! C’est à suivre car cette histoire déçoit de nombreux fédéralistes qui perçoivent cette décision de Stephen Harper comme une trahison. Il y a beaucoup d’émotivité autour de ces coupures budgétaires, ce qui est normal, personne n’aime se faire couper les ailes dans une organisation.

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