La Vie rurale / Articles / Agriculture / Pour des produits importés répondant aux mêmes normes que ceux d’ici

Pour des produits importés répondant aux mêmes normes que ceux d’ici

Agriculture et Agroalimentaire

L’Union des producteurs agricoles (UPA) a émis aujourd’hui un communiqué de presse intitulé Politique agricole et agroalimentaire : L’UPA en faveur d’un bureau fédéral à la réciprocité des normes pour les produits importés. Le gouvernement du Québec s’apprête à déposer une politique agricole et agroalimentaire. Pour l’UPA, il est primordial que le Québec se positionne en faveur d’un nouveau Bureau fédéral à la réciprocité des normes pour les produits importés.

Cette volonté s’inscrit dans le cadre de l’axe 1-autonomie du document Le pouvoir de se nourrir qui contient l’ensemble des bases de la future politique agricole et alimentaire du Québec selon l’UPA. Le Bureau fédéral à la réciprocité des normes pour les produits importés serait alors un outil pour parvenir à l’autonomie. Le constat est le suivant : on retrouve de plus en plus de produits étrangers aux côtés des produits canadiens et québécois sur les étals des supermarchés. Vrai. Mais ces produits importés ne sont pas encadrés par les mêmes normes, loin s’en faut. L’UPA estime que les consommateurs sont soucieux de la qualité des aliments qu’ils consomment mais que le gouvernement canadien n’applique pas les mêmes exigences sur les produits importés que sur ceux d’ici.

 

Un tel constat en amène un autre : concurrence déloyale et perte de compétitivité pour le secteur agricole canadien. Le problème est même amplifié par une politique sur les règles d’étiquetage confuse, mal faite, qui fait en sorte que le consommateur n’arrive pas à choisir hors de tout doute des produits canadien.

 

Pourtant, le Canada s’est donné des normes environnementales, des normes biologiques de certifications, des programmes de salubrité, des systèmes de traçabilité et des conditions de travail qui font honneur au pays. Si c’est toutefois pour ouvrir la compétition tout azimut pour des aliments produits dans des pays sans normes environnementales, des normes biologiques de certifications élastiques, sans programme de salubrité, ni système de traçabilité dans des pays où on exploite, par exemple, des enfants, il y a là une grand injustice. Pourquoi se donner tant de mal si c’est pour permettre à des compétiteurs sans encadrements à envahir nos étals avec des prix planchers?

 

Le gouvernement canadien a annoncé au début 2009 la création d’un secrétariat à l’accès aux marchés pour promouvoir les exportations agricoles à travers le monde. L’UPA estime que le secrétariat doit aussi travailler à assurer la réciprocité des normes pour les produits extérieurs qui vont se retrouver dans nos supermarchés surtout aux niveaux suivants :

 

- Les règles agroenvironnementales

 

- Les normes de certification, de salubrité, de biosécurité et de gestion des matières à risque spécifiées

 

- Les mesures sociales

 

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) et le Centre québécois d’inspection des aliments et de santé animale (CQIASA) doivent avoir plus de ressources et de pouvoir pour appliquer les exigences canadiennes à l’ensemble des produits importés. Pour y parvenir, l’UPA propose les mesures suivantes :

 

- Implantation d’un bureau de surveillance des produits importés

 

- Instauration des mesures de réciprocité aux frontières

 

- Donner des ressources, pouvoirs et outils nécessaires aux agences d’inspection des aliments (ACIA, CQIASA) pour que ces dernières parviennent à appliquer ces exigences

 

La mise en place de ces mesures aurait bien sûr un coût important. Ceci étant dit, c’est une question d’équité envers les producteurs agricoles d’ici qui ont exprimés à leurs syndicats leurs frustrations face à une concurrence étrangères qui n’est pas soumise aux mêmes règles. Il en découle des coûts de productions moindres. La vraie question étant : paie-t-on nos aliments à leur juste valeur? Et si la réponse est non, est-ce à dire que nous aurons un jour une facture environnementale salée à cause de ce refus à encadrer une agriculture mondiale dans les règles de l’art et payer le juste prix pour ce que nous mangeons?

Commentaires